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Le thème des #Jeudi Education d’aujourd’hui me parle.

Je vous entends d’ici « encore une qui va fustiger la fessée, prôner les enfants rois ! »
Et bien non.

Je vais être honnête : j’ai donné pas mal de fessées à mes enfants. Jusqu’à il y a quelques années, c’était systématique, même si je voyais bien que ce n’était pas particulièrement efficace ni vraiment bien pour moi comme pour les enfants.

Je mentirais si je disais que je me sentais coupable après avoir donné une fessée à un de mes enfants. Mais ce serait aussi un mensonge de dire, comme le font croire les pédopsy, que je me sentais soulagée.
Non, je me sentais démunie, sans solution et énervée.

Avant d’avoir mes enfants, j’étais pourtant habituée aux enfants. J’avais mon BAFA, j’ai fait des colonies, des centres aérés, des cantines…
Je me suis occupée de mes cadets, de mes petits cousins. J’ai même était assistante maternelle.

Rien ne m’a préparé à ce sentiment de ne rien contrôler, de ne pas savoir quoi faire qui est arrivé quand Gremlins avait 12 mois.
Il marchait déjà depuis 3 mois, cumulait les bêtises… Les choses sont allées en empirant, et je me rappelle avoir appeler le CMP le plus proche quand il avait un peu plus de deux ans en leur disant qu’il fallait vraiment qu’on soit vus et suivis ou j’allais finir par lui faire du mal.

Avec le recul, et quand je compare à Tisinge, je me rends compte que j’étais démunie pour pas grand chose car comparé à son petit frère, mon grand était finalement très sage. Coquin, certes, mais sage.

Et pourtant, Tisinge, lui, n’a que peu connu la fessée. Je crois pouvoir les compter sur mes dix doigts.

Parce qu’entre temps, j’ai fini par comprendre que frapper un enfant ne sert à rien. Ça ne lui apprends rien, ça ne soulage que très peu de temps si ça soulage et surtout, surtout, ça n’apporte rien.

Cela va faire près de 3 ans que je n’ai quasi plus levé la main sur mes enfants. Quasi parce que je ne suis pas parfaite et qu’il est hors de question que je me fasse passer pour la mère qui y arrive.
Oui, je perds encore souvent mon sang froid et oui, en trois ans, il m’est déjà arrivé d’en arriver là.

Dernièrement, par exemple, j’ai donné une gifle à Tisinge. Elle n’était ni calculée, ni rien. Juste spontanée après un comportement inadmissible. Je ne l’ai pas réfléchie ni envisagée, c’est parti tout seul, quand il a failli éborgner son frère en lui jetant une voiture à la tête.
Je l’ai de suite envoyé dans sa chambre pendant qu’il hurlait et que je lui hurlais dessus tout en regardant les dégâts sur Gremlins qui hurlait à la mort en se plaignant de son œil.

Donc, oui, ça m’arrive encore. Mais depuis 3 ans, je peux vous dire exactement combien de fois c’est arrivé et pourquoi : 3 fois….

Pendant un moment, j’ai eu peur que sans la menace de la fessée, je puisse perdre tout contrôle sur mes enfants. Enfin, surtout sur mon dernier.
Sans fessée, réussirais-je à le tenir ? Ne profitera-t-il pas de la situation ?

Étrangement, non. Au contraire. Les relations se sont apaisées, même si elles restent souvent tendues, de par son comportement.

Je crois que beaucoup de choses ont permis d’y arriver :
Les aînés sont grands maintenant, et réfléchis. J’ai la chance qu’ils soient tout de même bien obéissants et serviables. Ça aide.

J’ai décidé de ne me battre que sur l’essentiel. J’ai arrêté de me prendre la tête sur les détails comme de manger proprement ou ne pas faire de bêtises. C’est trop demander à un enfant et surtout, bien trop vague.
Si je veux qu’il soit sage, je lui explique ce que j’attends de lui exactement.
Par exemple, le matin, en le laissant à l’école, je me concentre sur les comportements problématiques : « Tu ne te lève pas sans demander la permission, tu parles poliment et tu fais le travail que la maîtresse te demande, même si ça ne te plaît pas. Sinon, il y aura punition ».
Si la maîtresse m’apprends le soir qu’une demande n’a pas été respectée, la punition tombe.
Si un nouveau comportement problématique apparaît, il sera rediscuté le soir et rappelé le lendemain.

Ils mangent avec les doigts ? Je rappelle qu’il y a des couverts. Si c’est trop difficile, je laisse mais ils savent qu’ils devront nettoyer les salissures.

Je me mets à leur niveau quand je parle, en m’accroupissant et en m’assurant qu’ils m’écoutent et m’entendent bien.
Je m’étais rendue-compte que Gremlins n’écoutait pas toujours, un peu dans la lune.
Là, je me mets devant eux, je capte leurs regards. Je demande s’ils ont bien compris et je leur fais redire.
Ainsi, ils ne peuvent pas dire qu’ils ne savaient pas ou n’avaient pas entendus, et ils savent que la sanction tombera en cas de non respect.

Les sanctions tombent sans discussions possibles. Une règle est transgressée, tu est puni. Impossible d’y échapper.
Si je leur dis « Si t’es pas sage, on s’en va », je m’y tiens, même si ça m’embête moi. Je me suis déjà vu abandonner un chariot de courses ou partir d’une fête en avance pour respecter ce que j’avais moi-même dit.

Et surtout, surtout, je valorise. Je pointe en priorité les bons comportements et essaye d’ignorer les mauvais.
Parce que je me suis rendue compte que plus je prête attention à ce qu’ils font de mal, plus ils le font malgré les punitions.
Certainement parce qu’ils retiennent que je leur ai accordé de l’attention à ce moment là.
Donc désormais, je laisse « couler » dans la mesure du possible. Mais surtout, je les félicite pour tout « Merci d’avoir ranger les papiers qui traînaient ! C’est super d’avoir proposé de lire un livre à ton frère. Tu as laissé ta sœur choisir le programme, c’est très gentil ! »

Ils sont fiers d’eux. Et c’est un point important. Parce qu’un enfant oubliera vite les félicitations pour ne se rappeler que des réprimandes, pour en arriver à un « Tu fais que me gronder », comme me l’a dit Gremlins un jour où je ne l’avais gronder qu’une fois dans la journée….

Depuis que je pointe tous les bons comportements, ils acceptent mieux les contraintes et les punitions.

Je fais aussi très attention, désormais, à prendre en compte leurs paroles et ressentis.
Je ne suis pas Dolto et je n’ai pas la patience d’expliquer pendant des heures. Par contre, j’explique un minimum le pourquoi de mes demandes.
Et quand je punis, je n’oublie jamais de dire « Tu est puni parce que tu as fais ça. Ce comportement est inadmissible »

Je ne m’attaque jamais à leur personnalité. Vous ne m’entendrez jamais leur dire « Tu est vilain, méchant ». Comme je ne leur dit jamais « Tu est gentil ».
Parce qu’un enfant n’est ni méchant, ni gentil, il est en apprentissage.
Et je ne veux pas les enfermer dans une représentation faussée d’eux-même.
Alors, j’utilise les « Ce comportement est méchant. C’est gentil ce que tu as fait »
On pointe le comportement, pas la personne. Les critiques sont ainsi bien mieux acceptées.

Je leur rappelle toujours, après la punition, que malgré tout, je les aime : « Tu sais, même quand je suis fâchée contre toi, je t’aime toujours. Et je t’aimerais toujours ».
Les rassurer car ils sont prompts à penser « Maman me gronde, je suis méchant, elle ne m’aime plus ».

Et j’utilise beaucoup l’isolement.
On me dira que ce n’est pas l’idéal mais ici, nous avons trouvé un consensus qui nous va.
Si l’un d’eux s’énerve, se met à crier, à avoir un comportement inadéquat, je lui demande d’aller dans sa chambre.
Ce qui donne ce genre de chose « Je comprends que tu sois en colère / frustré et que tu ai besoin de taper / crier / t’énerver. Mais moi et tes frères et sœurs, nous ne sommes pas obligés de devoir supporter tes cris/ ta brutalité. Donc tu vas dans ta chambre. Tu as le droit d’y crier, de taper sur ton oreiller, de dire des gros mots. Et une fois calmé, tu reviendras parmi nous ».

Cela permet de faire comprendre que les émotions, même négatives, ne sont pas honteuses ni bannies, mais que la communauté n’a pas à les supporter.

Je rappelle que s’ils n’arrivent pas à se calmer seuls, et qu’ils ont besoin de mon aide pour y arriver avec un câlin, ils peuvent le demander

J’utilise beaucoup cette technique avec Tisinge depuis quelques mois, et si les 2 ou 3 premières fois ont été difficiles, car il revenait encore plein de colère, depuis, lui comme moi nous satisfaisons de cette façon de faire. Dès qu’il sent qu’il va dépasser les limites, il va lui même dans sa chambre s’énerver et revient quand il est calmé.

Il y a quelques semaines, il m’a même dit « J’aime bien quand tu me demandes d’aller dans ma chambre pour me calmer, c’est mieux que quand tu me punissais et que tu criais ».
Ça a été très rassurant pour moi, parce que j’avoue que l’entendre, même dans sa chambre, hurler, frapper les meubles ou dire des gros mots me mettais sur les nerfs et j’avais parfois beaucoup de mal à ne pas perdre mon calme.
Quand il m’a dit ça, ce fut libérateur. Depuis, je supporte bien mieux ses cris, même si ça dure parfois longtemps. Parce que je sais que ça lui fait du bien, qu’il l’a compris, et qu’il finira par se calmer, seul ou avec mon aide.

Je ne prône pas l’éducation non violente, car je sais combien elle peut être difficile à mettre en place et à perdurer.
C’est juste un mieux auquel je voudrais tendre.
Mais je pense que la violence peut être remplacée le plus souvent possible par autre chose de plus bienveillant. Même si ce n’est pas toujours facile.
Et surtout, j’essaye de ne pas remplacer la violence physique par la violence verbale, qui reste une violence.

Essayer de se rappeler que ce ne sont que des enfants, des êtres en devenir qui ne sont pour le moment que des boules d’émotions à modeler, ça aide….

Tu peux aussi aller lire leurs billets sur le même thème ou sur des thèmes éducatif  :
Faut il les laisser faire leurs choix? par Maman Moderne Politiquement Incorrecte
La non-violence éducative, notre choix par Maman Mammouth
Sois toi même ma fille ! Par Une pomme dans ma vie
Ma non violence éducative Par Ma Petite Tribu

7 réponses à to “La non violence éducative, c’est quoi ?”

  • Emma June says:

    C’est tellement ça!
    Je trouve ton article particulièrement touchant et vrai.
    « tendre vers un mieux » c’est tout à fait ça.
    Avoir la bienveillance en tête mais savoir l’adapter pour qu’elle convienne à notre caractère et celui de l’enfant et puis, ne pas se culpabiliser d’être imparfait.

  • marie laure says:

    superbe article, je ne prone pas non plus la NON fessés, avec 4 loulous y en a qui sont tombé, j’ai bossé en creche 10 ans et j’étais bien plus patiente avec les enfants aux travails qu’à la maison avec les miens, et gerer les cris, les bagares deviennent en ce moment assez compliqué mais je donne la fessé que tres rarement quand ca arrive c’est qu’il y a vraiment eu gros clash !
    j’avais aussi remarqué que de parler aux enfants face a eux était mieux pour eux, mais ce n’est pas toujours évident, j’espere un jour y arriver ! au tout cas superbe article encore une fois

    • Mère Débordée says:

      Merci ! Oui, c’est vrai que c’est difficile de s’en passer totalement, tant c’est ancré dans notre « héritage » on va dire. Mais rien n’empêche d’essayer et de tendre à un demain « sans »

  • Audray says:

    Bonsoir
    Merci pour tous ces articles que je lis tjs avec tellement d’attention!!!
    Je me retrouve beaucoup en vous, cela fait moi aussi presque 3 ans que j’ai « découvert » et adhéré a la bienveillance et l’éducation positive. C’est pas évident quand on a pas les « réflexes ». J’ai un grand de 9 ans (qui a du mal avec ses émotions!!!) qui crie hurle claque la porte et hurle plus fort encore qd il est dans sa chambre ! et une petite de 20 mois que j’ai porté « allongée sur mon canapé » des le premier mois de grossesse (pendant laquelle le papa est parti…).
    J’ai travaillé 6 années en collège et c’est en fait là que j’ai réalisé que crier ne servait a rien (bon frapper on avait pas le droit :-0 et pourtant parfois ce n’était pas l’envie qui me manquait!!!)
    Bref j’ai tjs beaucoup de plaisir a vous lire alors MERCI
    Bonne soirée 🙂

    • Mère Débordée says:

      Et puis on se rend compte qu’avec les enfants des autres, on n’ose pas crier ou taper. Et pourtant, en général, on arrive à se faire obéir.

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