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Dans la vie, on a tous des seuils de souffrances, de tolérances, bref, pour un peu tout.
Ses seuils sont différents selon les individus.

Alors, j’avoue que ça me hérisse quand je lis des choses comme « Ce n’est pas grave », « Il y a pire » ou « oh, arrête de te plaindre, il y a d’autres choses plus graves »

Je crois que quand quelqu’un se plaint, pleure, gémis, il faut savoir écouter sans juger, et surtout, savoir faire preuve d’empathie.

Pendant ma formation d’aide-soignante, on nous a dit et redit qu’on devait faire preuve d’empathie et d’écoute, mais qu’on ne pouvait se mettre à la place des gens, ni même dire « je comprends ».

Car non, on ne comprend pas.

On peut avoir vécu le même drame, le même soucis, cela ne nous donnera jamais la possibilité de se mettre à la place de l’autre, de comprendre son ressenti, tant celui-ci dépend également de son état physique, moral, de son histoire propre.

Perso, j’ai envie de rire quand ma sœur s’inquiète parce que sa fille a un petit rhume.
Parce que mes enfants ont vécus pire, au point d’être hospitalisés. Alors, pour moi, qu’elle se mette dans tous ces états parce que le nez de sa fille coule, c’est juste…
Mais jamais je ne le lui dirais, et jamais je ne me permettrais d’être hautaine ou de me montrer arrogante.
Parce que je pars du principe qu’elle, sa fille n’a jamais été malade jusque présent. Et que donc, oui, un simple rhume peut lui paraître effrayant dans ce cas.

On a tous des seuils différents. La douleur de l’un peut paraître dérisoire pour l’autre.
Mais qui sommes nous pour nous permettre de juger ce seuil, pour dire que l’autre n’a pas le droit de souffrir ?

Il y a peu, sur facebook, une personne que je suis disait être totalement déprimée de ne pas pouvoir être avec ses enfants pour Noël.
Dans les commentaires,une personne lui répondait que « C’est bon, il y a pire dans la vie, il n’y a pas mort d’hommes »

Ce commentaire m’a mis en colère. Car cette personne, que sait-elle de la souffrance que ressent cette maman ?
Elle a tout simplement nié la souffrance ressenti, s’est mise à la place de cette maman et lui a dit qu’elle la trouvait ridicule de souffrir pour ça. Voilà ce que sous-entends ce genre de commentaire.

Parfois, je l’avoue, c’est ce que je pense devant certaines personnes, certains statuts.
Quand une personne se plaint d’être un peu grippé, j’ai juste envie de lui répondre que bon, faut arrêter de se plaindre, hein, c’est pas comme si elle était hospitalisée régulièrement comme moi, merde.

Mais je ne le fais pas. Parce que je pense sincèrement que je ne suis pas la mieux placée pour juger ce qu’elle ressent. Et que toutes les émotions, toutes les souffrances ont le droit d’être entendues sans être minorées ou quantifiées.

Il n’y a pas de concours à qui souffre le plus, à qui est le plus heureux ou le plus malheureux.
Il y a des gens, qui, à un instant T, vivent une chose qui leur est propre, et que personne ne pourra vivre à leur place.

Alors, je pense que notre rôle, à nous, qui écoutons, lisons, c’est d’entendre ces personnes. De les soutenir, les féliciter, les encourager. D’être à l’écoute. Et non pas d’être dans la mesure d’une émotion. Dans le jugement, de savoir si, oui ou non, elles ont le droit de ressentir ce qu’elles ressentent.

Les émotions et les vécus ne sont pas quantifiables. Et c’est heureux….

11 réponses à to “Comparer les souffrances”

  • Supamam says:

    C’est très bien dit et en même temps c’est le risque que l’on prend lorsqu’on publie un statut sur Facebook. Le problème des réseaux dits sociaux c’est qu’ils ne sont qu’une vitrine des problèmes des gens qui viennent chercher du soutient. Alors oui souvent ils trouvent une oreille (dans ce cas un oeil) compatissante mais il y aura toujours quelqu’un qui viendra donner un avis contraire juste pour exister aussi et être entendu.
    😉

  • Lil Mum says:

    C’est tellement ça !
    On peut ne pas comprendre la souffrance des autres, la trouver parfois sur dimensionnée, mais pour autant, si une personne souffre, se plaint, qui sommes nous pour juger ?

  • mumpascap says:

    Waaaa. Que d’émotions en te lisant. Tu as tout à fait raison. Nous n’avons pas le droit de juger sur les sentiments de chacun. Même si, parfois, et comme tu le dis, leur souffrance peut nous paraitre dérisoire. Nous sommes tous différents chaque à chacune des émotions. Il faut respecter chacun et chaque sentiment ressenti … Merci, simplement.

    • Mère Débordée says:

      De rien. Merci à toi, j’aime lire que mes billets ont un écho chez les gens. Ca me prouve que ce que j’écris et digne d’intérêt. Merci !!!

  • mumpascap says:

    Waaa. Je suis complètement d’accord avec ce que tu dis. Nous n’avons pas le droit de réagir face aux émotions, aux sentiments de chacun … Chaque personne réagit différemment pour chaque situation, nous n’avons pas à juger… Simplement, merci.

  • lavilaine31 says:

    Je partage en partie ton point de vue, comparaison n’est pas raison, personne n’est armé de la même manière pour supporter les coups de la vie. Ne pas juger à l’aune de son propre vécu est plein de bon sens (je ne mettrais pas forcément les petits rhumes et gastro dans le même panier que les souffrances psychologiques et les coups durs de la vie, ça me semble être des choses distinctes). Mais j’y mets une réserve : la fréquence. Il y a des personnes qui partagent constamment leurs déboires, peines, soucis, grands ou petits et ne partagent rien d’autre. Ainsi faisant, ils ne laissent pas la place à leurs amis, leurs proches, pour à leur tour avoir le droit à une écoute, pour leur permettre de dire eux aussi qu’ils ne vont peut-être pas si bien.

    • Mère Débordée says:

      Oui, il y a, c’est sur, une exception. Ces personnes qui ne voient que le négatif et se plaignent sans cesse, quoi qu’il arrive 😉

  • Un bebe Bio says:

    Et oui hélas dans ma vie de maman complètement assommée par une santé bien longtemps négligée et qui a eu un bébé qui pesait à peine plus lourd qu’un paquet de farine j’ai beaucoup eu ce genre de réactions. Je penses qu’on est tous un peu égoiste au fond de nous même et que les problèmes qu’on vit nous empêche d’écouter vraiment autrui. Un simple exemple, je dis a une maman qui se plaint que son bébé a un rhume estime toi heureuse le mien on donnait pas cher de sa vie, mais que pourrait me dire ma maman, qui a perdu 3 enfants morts au bout de deux trois jours et qui a fait 1 fausse couche. C’est ça, on dénigre les sentiments de celui qui a vécu moins pire que nous en oubliant ceux qui ont vécu pire malheureusement. Mais bon … en espérant qu’on change 🙂

    • Mère Débordée says:

      L’important, je crois, c’est de s’en rendre compte et d’oser, ensuite, remédier à la situation, voir s’excuser 😉

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