Hyperactivité

Tisinge a 4 ans ½. Il aura 5 ans en juillet prochain.

Depuis tout petit, c’est le petit garçon hyper tonique, toujours en mouvement, qui donne l’impression que le monde n’avance pas assez vite autour de lui.

Il a commencé la collectivité tôt. Et tôt, nous avons eu des retours plutôt négatifs : « Tisinge n’écoute rien, il est dans l’opposition systématique, il ne reste pas en place »

Entre 18 mois et 2 ans ½, le personnel de la crèche n’arrivait plus à lui faire faire une sieste dans les dortoirs communs et elles avaient donc pris la décision d’isoler mon fils.
La sieste, pour lui, c’était sur un matelas dans la salle d’activité, avec, à côté, une des filles.
Mais pas n’importe laquelle non plus : sur 6 personnes, seules 2 d’entre elles avaient le « pouvoir » de calmer un peu mon tyran en herbe.

Autant te dire qu’elles ont soupiré de soulagement quand je leur ai appris que Tisinge partait pour rentrer en Toute Petite Section…

Lui aussi était demandeur. Il n’attendait que ça, de pouvoir aller à l’école comme les grands !

La rentrée de janvier 2013 a vu mon petit dernier prendre le chemin des écoliers, et rejoindre son frère qui était en GS et sa sœur en MS.
3 loulous en maternelle, c’était assez rigolo.

Enfin, rigolo jusqu’à la fin de la 1ere semaine d’école. Parce qu’à partir de ce moment, j’ai commencé à appréhender la sortie de classe et les commentaires négatifs de l’enseignant sur le comportement de mon fils.

J’étais pourtant bien consciente qu’il était très difficile. Plus qu’un enfant lambda.
Mais j’avais le droit aux « Vous manquez de fermeté », « Il lui faut plus d’autorité »
En gros, c’était ma faute.

En petite section, ayant repris un travail, il restait toute la journée, cantine comprise.
Et les reproches le soir ont continués, de plus en plus..

A la maison, son comportement était aussi difficile. Régulièrement, je perdais patience et j’avais l’impression de passer mon temps à le punir et le gronder.
Je ne voyais plus comment être encore plus autoritaire !

Depuis cette année, il est en moyenne section, dans une autre école qui ne le connaît pas, ni ses aînés.
On repartait de zéro, en gros.

Mais ça a été de pire en pire… Et dernièrement, il y a eu les menaces, les insultes aux enseignants, les coups….

Nous sommes arrivés à un point de rupture. L’école ne peut continuer à l’accueillir dans ces conditions.
Oh, ils ne le disent pas clairement. Mais ils le sous-entendent fortement. Et je les comprends aussi.

J’ai tapé aux portes, avec l’idée que, peut être, un trouble du comportement pouvait expliquer ce problème.
En cherchant sur le net, j’ai lu plusieurs témoignages de parents qui décrivaient exactement mon fils.
Et tous, le même diagnostic : TDAH ou Trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité.

L’hyperactivité, on avait déjà évoqué cette hypothèse en TPS. Mais je n’y croyais pas. J’espérais que c’était juste un moment à passer, qu’il allait se calmer.

Mais loin de se calmer, ça empire.

J’ai donc pris l’initiative de commencer un bilan afin de déterminer si cela pourrait être la cause du comportement violent, insolent et remuant de mon fils.

Après 3 mois de coups de téléphone réguliers, j’ai enfin réussi à obtenir un rendez-vous avec une pédopsy au CMPP.
Elle a l’air très bien. Mais, « A 4 ans, je ne ferais pas de diagnostic de TDAH. On attend au minimum 8/10 ans »

Il faudrait donc que j’attende que ça empire encore, que l’école ne sache plus du tout le gérer et finisse par le refuser, comme on m’en menace, pour qu’elle accepte d’y réfléchir.

J’ai contacté le service de neuropédiatrie du CHU pour avoir un rendez-vous. Impossible sans l’aval d’un médecin de ville.

J’étais désemparée. Je me renseignais déjà pour trouver un médecin sur Paris qui accepterait de « tester » mon fils.
Car, en attendant, j’ai découvert que ma région, niveau dépistage et traitement, fait office de très mauvais élève, et que la majorité des parents TDAH font suivre leurs enfants ailleurs.

Hier soir, j’ai été voir mon médecin traitant. Pour moi mais aussi pour lui parler de Tisinge.
Je lui ai expliqué. Il a entendu. Et il m’a dit quelques mots qui ont tout débloqué « Effectivement, ça fait longtemps que ça aurait du être fait. Ton petit bout colle parfaitement avec un TDAH. Il faut qu’on fasse le nécessaire »

Cela m’a chamboulée. Non, ce n’est pas normal. Non, ce n’est pas un problème éducatif. Non, ce n’est pas ma faute. Oui, j’ai le droit de me poser des questions et d’avoir peur de la suite.

Et de m’expliquer qu’effectivement, la région, niveau TDAH, c’est pas terrible, mais qu’il faut tout de même passer par un neuropédiatre du CHU pour pouvoir faire avancer les choses.

Je suis sortie avec le courrier, sésame à donner au service de neuropédiatrie pour obtenir un rendez-vous. Dans 2-3 mois apparemment.

Une fois ce rendez-vous passé, mon médecin reste persuadé qu’on me renverra chez moi avec un « revenez quand il aura grandit ».
Et c’est tout ce qu’il attends.
Car ensuite, il fera jouer son réseau. Et m’enverra vers un médecin parisien spécialisé dans les troubles du comportement et le fameux TDAH.
Un médecin qui testera mon fils et qui, même s’il est encore jeune, n’hésitera pas à lancer procédures et traitements pour l’aider à vivre mieux.

Car oui, il est petit. Mais si nous, parents, enseignants, animateurs, sommes en souffrance avec lui, Tisinge l’est également, même si ça ne se voit pas.
Mais quelques phrases qu’il laisse échapper me dit tout : « Maman, j’en ai marre d’être méchant », « Est ce que tu peux m’éteindre s’il te plaît ? », « J’ai envie d’être sage mais j’y arrive pas », « Tous les autres enfants disent que je suis méchant, j’ai pas de copains à l’école »

Que répondre à ça ? « Je sais, Tisinge, mais tu dois prendre ton mal en patience, on ne pourra t’aider que quand tu seras plus grand » ?

Je ne peux m’y résoudre.

Comme je n’avais pu me résoudre, il y a 4 ans, à écouter les gens qui disaient de Schtroumpfette que « c’était pas grave, rien de méchant, juste un petit retard qui va passer bientôt »

Parce que si j’avais écouté ces gens, rien n’aurait été fait. Et quand je vois le résultat maintenant, après 4 ans de suivis et de galères, je me demande où nous en serions si j’avais écouté ces gens qui me disaient que je me prenais trop la tête, que je devais arrêter de voir une pathologie là où il n’y avait qu’un petit retard normal.

Alors, je vais repartir au combat. Je vais me battre pour que mon fils et toute notre famille puisse trouver un équilibre.
Pour que Tisinge puisse avoir un comportement « sociable » et « normal » et qu’il en se sente plus jamais en faute, méchant et sans amis.

Je mets tous mes espoirs dans ce diagnostic. J’espère vraiment qu’on va pouvoir poser un nom sur ce qu’il a, parce que ne pas savoir pourquoi, ça fait encore plus mal que de savoir.

Souhaitez nous bonne chance, nous en aurons bien besoin !

8 réponses à to “Se sentir enfin écoutée”

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