Je n’arrête pas de me dire que des gens vivent des choses bien plus graves ces derniers temps, que ma légitimité à me plaindre est proche de zéro.
Entre celle qui perd son bébé à quelques jours du terme, ceux qui ont perdus des proches dans les derniers événements….

Je n’arrête pas de pleurer devant mon écran de portable et, égoïstement, je pleure aussi sur moi-même.

Ça fait un moment que je suis absente. Absente du blog, de la page. Quasi absente des réseaux sociaux.
Juste quelques cailloux lancés pour vous annoncer la future arrivée d’un nouvel arrivant dans notre famille puis le statut quo.

Aujourd’hui, je suis fatiguée, au bout de mon optimisme et de mon moral.

Cette grossesse me met à plat. Déjà les vomissements gravidiques depuis le début (coucou Princesse Kate) qui m’ont fait perdre une dizaine de kilos et la force de me lever, au point que l’effort d’emmener mes enfants le matin à l’école me laissent pantelante et qu’il faut ensuite que je dorme plusieurs heures pour avoir la force d’aller le soir les récupérer.

Au point que je ne fais quasi plus rien avec eux, passant mon temps à somnoler dans mon lit pendant qu’eux s’occupent, tant bien que mal, et plutôt gentiment, il faut le leur reconnaître.
Je n’ai plus aucune patience, aucune force, et j’attendais la dernière semaine de juillet avec impatience, sachant qu’ils iraient chez leur père pendant un mois. Un mois où j’espérais me reposer le plus possible, essayer de reprendre des forces pour ne pas totalement foirer leurs vacances chez moi, en Août.

Puis, depuis quelques jours, se rajoute la douleur. Deux passages aux urgences, deux hospitalisations, deux interventions.
J’ai eu la joie de découvrir les calculs rénaux en période de grossesse. Et tu sais quoi ? C’est la merde. C’est l’enfer, c’est le bordel, j’ai juste envie de mourir tellement j’ai mal et tellement rien ne me soulage.
Ah si, je suis mauvaise langue : la morphine qu’on m’injecte en vitesse aux urgences par lot de 10 mg en 5 piqûres en quelques minutes. Le shoot qui me fait vomir, me donne l’impression que ma tête tangue toute seule mais qui soulage bien.

Mais la morphine, c’est bien, mais qu’un temps. Quand tu rentres chez toi après avoir fait ôter ce putain de caillou, t’as le droit à rien. Du paracétamol, du spasfon. La rigolade niveau gestion douleur, je peux en témoigner.

Au point que sitôt sortie de l’hôpital le mercredi midi, m’y voilà de retour, limite agonisante et ne pouvant plus bouger sans douleurs (même sans bouger remarque…) le lendemain matin.

« Mais madame, on ne peut pas toujours vous donner de la morphine, ni vous en donner à domicile »

Je sais bien, pauvre type. Mais tu crois sincèrement que tu peux me laisser morfler comme ça, 5 jours sans quasi dormir, manger et boire, pleurant de douleur, de peur aussi pour ce bébé qui grandit en moi ?

Et l’urologue, hyper rassurant : « Soit on vous met une sonde qu’on devra changer toutes les 6 semaines jusqu’à la naissance. Ça risque de provoquer quelques douleurs mais surtout, il y a les risques d’infection puisque c’est un corps étranger, et les risques anesthésiques.
Soit on laisse comme ça, et à force, la douleur risque de provoquer encore plus de contractions. Et à moins de 22 semaines de grossesse, un accouchement est impossible »

En gros, on me donne le choix entre la guillotine et le flingue… En fait, non, je n’ai même pas ce choix quand je pleure dans mon lit des urgences, essayant de comprendre, de réfléchir malgré la douleur et la morphine qui me vrille la tête. On décide pour moi. Ce sera la sonde madame, parce que quand même….

Expérimenter à 16 semaines de grossesse et 3 accouchements par voie basse la rachis-anesthésie (l’anesthésie des césariennes), quelle joie. Pendant quelques heures, une heureuse sensation de ne plus ressentir aucune douleur, mais couplé à la sensation assez étrange et déroutante de ne plus rien avoir en dessous de la poitrine.

Et puis, le lendemain matin, après une nuit enfin correcte, on me fait sortir. Alors même que la douleur revient, doucement mais sûrement.
Et depuis le midi, me rouler en boule sur mon lit en attendant que ça passe. Parce que ça va passer, hein ? C’est juste le contrecoup de la pose de la sonde, non ?

Et depuis 6 jours, lors des rares accalmies entre deux pics de douleurs, hésiter entre deux attitudes : ne pas bouger, ne presque pas respirer, pour éviter de redéclencher la douleur, morte de trouille. Ou en profiter pour essayer de faire un brin de ménage, de prendre une douche, d’aller faire une course.

Mais les courses, malgré le supermarket à 500 mètres, c’est le bout du monde. Si j’y vais à pieds, j’arrive là-bas pantelante de douleurs et de nausées. Alors je prend ma voiture juste pour aller au bout de la rue pour acheter quelques cerises, quelques raisins, trouver quelque chose à manger qui me donne envie et qui passera sans trop de mal.

Mais ce soir, je suis épuisée. Épuisée de peur à l’idée de devoir souffrir comme ça encore des semaines, épuisée d’appréhension à l’idée de comment ça va se passer quand mes enfants seront de retour. Épuisée de douleur, d’avoir l’impression que rien ne soulage et de ne plus savoir que faire.

Chaque crise, je n’ai qu’une envie : retourner aux urgences, me faire un shoot de morphine, ne plus souffrir pendant au moins une heure.
Mais ce n’est ni faisable, ni raisonnable.

Alors je chiale, je me roule en boule, j’attends que le temps passe en faisant l’ours. Envie de voir personne, de ne parler à personne et, paradoxalement, me sentir tellement seule, avoir envie qu’on vienne me prendre par la main et me dorloter comme une enfant qui n’aurait rien à penser, prévoir, gérer.

Mais ça aussi, c’est impossible. Le papa s’est évanoui dans la nature, me laissant seule et un brin dépitée. Ma famille est loin et de toute façon, ils ne savent rien de ce que je traverse depuis quelques jours.

Je suis arrivée à mon point de saturation. Je ne peux pas, je ne peux plus. Au point d’avoir pensé l’espace d’un moment que si je n’étais pas enceinte, j’en suerais moins. Je n’aurais pas les nausées. On pourrait me traiter par anti-inflammatoire, apparemment bien plus efficace.

Alors, je culpabilise encore plus pour ce petit bout qui ne demande rien et sur qui je fais peser en partie tous mes malheurs (en fait, c’est un garçon!) et je pleure encore plus.
Maintenant, je me demande si on peut fondre à force de pleurer ou si, à un moment, on finit par ne plus pouvoir verser la moindre goutte et on devient insensible au reste du monde….

5 réponses à to “Quand il y en a marre…”

  • mistarz says:

    Coucou! je sais qu’on a pas beaucoup de contact mais, au cas où, je n’ai pas ma puce la semaine prochaine et je bosse jusqu’à 15h donc si tu as besoin, n’hésite pas! je peux te donner mon numéro si tu le souhaite. Tu fais comme tu le sens, c’est juste une main tendue. Bisous. Marceline.

  • Charlotte says:

    Il y a la douleur des autres et il y a la tienne bien présente tu ne peux pas faire outre même si des horreurs arrivent dans ce bas monde … Les coliques nephretiques j’ai connu et il n’y a rien de pire alors je comprends ce que tu ressens !!! J’espère que cela va passer très vite et que tu vas retrouver ta joie de vivre, je t’envoie tout mon courage

  • Barby Doree La says:

    Coucou,
    Je peux que te dire «bon courage» car personne ne partage jamais une douleur quand on la ressent. Mais le fait, d’en parler nous permets de savoir que des gens nous encouragent et nous poussent a ne pas baisser les bras en pensant qu’on est seul au monde.
    J’espere que tu iras mieux bientot afin que tu puisse enfin respirer normalement et vivre bien, comme tu veux

  • Sabrina says:

    Ton temoignage et ta souffrance me touche. Je vais faire une petite prière pour toi et te dit courage.

  • Sophie Mum says:

    Oh ma pauvre bon courage !!! Appel ta famille meme s’il sont loin îls peuvent peut être taider, ne reste pas seule Comme ca ce n’est pas bon pour toi et le bébé. Le papa est partie putzin les boules. Pour ton boulot t’es en Arret du coup ?! Bisous

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