J’ai eu trois enfants.

Pour Gremlins, mon premier, j’étais une nouvelle maman, j’ai fait à peu près ce que l’on me disait : j’ai fait mon petit pipi et ma prise de sang mensuel, j’ai fait mes trois échographies, vu mon gynéco tous les mois, j’ai accepté la péridurale bien trop tôt et je suis restée à la maternité jusqu’à ce que l’on me demande de partir.

J’ai détesté apprendre que j’avais un risque de trisomie et devoir passer une amniocentèse. J’ai détesté que l’on me soupçonne de diabète gestationnel malgré mes résultats nickel et que l’on m’impose, à moi, la phobique des aiguilles, une prise de sang par mois.
J’ai détesté voir mon travail ralentir parce qu’on m’a posé la péridurale quand je n’étais qu’à 4 en me sous-entendant que c’était maintenant ou jamais.

Mais surtout, surtout, j’ai détesté mon séjour à la maternité.
Ma clinique (privée) était en plein regroupement avec une autre. J’ai donc subis le bruit et l’inconfort des travaux, les problèmes de personnel…

Je suis restée 4 jours à la maternité. 4 jours que j’ai détesté.

Crédit : http://bbenroute.over-blog.com/

Crédit : http://bbenroute.over-blog.com/

Dès le 1er jour, c’est mal parti. Gremlins était un BABI (je n’ai découvert ce terme que récemment)
Le lendemain de sa naissance, deux sages-femmes se pointent dans ma chambre. L’une d’elles me demande à vérifier mon épisio (suite à une déchirure) pendant que l’autre s’occupera de bébé.
Oh, elle s’est occupée de mon bébé, oui. Elle lui a donné un bain. Son premier bain. Sans moi. Pendant que j’avais les jambes écartées et que j’étais focalisée sur ce que me disais celle qui m’examinait.

Quand je l’ai interpellée en lui disant que j’aurais aimé donner le premier bain de mon bébé, elle m’a répondu, condescendante, que ce n’était pas grave, que je pourrais lui donner le lendemain et tous les jours suivants, après tout.

Cette sage-femme a donné le ton des autres. À des rares exceptions près, j’ai eu l’impression d’être infantilisée, d’avoir des avis toujours contradictoires, d’être sous-évaluée dans mon rôle de mère.

Heureusement, j’ai un fort caractère et j’ai vite tapé du poing sur la table, au point qu’elles n’osaient plus venir « juste pour voir ».

Quand je suis tombée enceinte de Schtroumpfette, c’était clair que je ne subirai plus cela.

Autant pour Schtroumpfette que pour Tisinge, à part les trois échos obligatoires, je n’ai fait aucun examen. Diabète ? Trisomie ? J’ai zappé.
Comme j’ai zappé les échos de contrôle tous les 15 jours (problèmes de fausses couches à répétition)

Et j’avais fait des démarches pour sortir le plus rapidement possible de la maternité. Démarches qui n’ont pas été bien prises par le personnels soignants.

Car j’avais découvert que, légalement, les maternités ne peuvent nous obliger, nous, nouvelles mamans, à rester que deux heures. Ensuite, on peut sortir de la maternité sans problème.

J’ai donc trouvé une sage-femme en libéral qui était prête à m’épauler et à me donner les démarches.
J’ai donc prévenu mon gynéco que je sortirais le lendemain de mon accouchement, à J+1.

Mon projet a été mal pris, donc, et a rencontré une résistance que je n’attendais pas.
Les visites que je ne faisais pas par mon gynéco, mais par les sages-femmes de la clinique tournaient à l’interrogatoire et le lavage de cerveau.

Vous comprenez, je suis irresponsable, mon projet est mauvais, je ne me soucie pas de la santé de mon bébé que je mets en danger…

En vérité, cette demande leur a surtout mis le nez sur leur dysfonctionnement et les a vexés.

Je n’ai rien lâché, refusé tout compromis, et rappelé que j’étais dans mon droit.

Le jour de mon second accouchement, tout s’est passé à merveille.
Le personnel en salle de travail était super. Pas un seul jugement sur mon projet de sortie précoce.
Une sage-femme à l’écoute. Une péridurale posée très tard (finalement trop tard d’ailleurs)
J’en garde un excellent souvenir.
À 17 h 20, ma puce était là.
À 20 h, j’étais dans ma chambre.
À 20 h 30 a commencé le défilé.

En moins de 24 h, ma fille a vu trois pédiatres et plusieurs sages-femmes. Tous avec un mot pour me motiver à rester.
Même le chef de service est venu me faire son laïus et me menacer de me faire signer une décharge.
Je lui ai rappelé qu’une décharge, que je signerais sans problème, n’avait aucune valeur juridique et que je l’emmerdais lui et ses collègues..
Ma fille est née le 25 juillet. Le 26 à midi, j’étais chez moi.
Une sage-femme est venue deux fois par jour les 3 premiers jours, une fois par jour ensuite pendant 10 jours.

J’aurais pensé qu’être chez moi plutôt qu’à la clinique serait plus fatiguant, rapport au ménage, à l’aîné qui n’avait que 18 mois.
Et, finalement, ce fut tout le contraire. Car pas de réveils la nuit pour vérifier la tension. Pas de dérangement en journée pendant la sieste par des infirmières.
Des repas quand j’ai vraiment faim.

Ma fille est née le 25, nous étions à la maison le 26 et le 27, j’étais tellement en forme qu’avec Père Charmant, nous sommes allés présenter notre puce à son travail.
L’après-midi, j’allais au parc en famille.

Je me suis sentie reposée, chouchoutée, plus que lors de mon premier enfant.

J’ai réitéré avec mon dernier. J’ai tout autant adoré.

C’était il y a 4 ans.

Depuis, les mentalités ont apparemment changé. Car je vois que la sortie précoce est même conseillée aux mamans sans souci. Qu’elle tend à devenir une norme.

Je ne peux que conseiller. Mais aux mamans qui le désirent vraiment. Parce que, clairement, il y aura des mamans pour qui ce serait un désastre. Ces mamans qui ont besoin de se sentir porter par du personnel qualifié. Ces mamans qui n’auront personne pour gérer à la maison.

Car pour faire cela, il faut que ce soit un projet de couple. Si vous savez d’office que ce sera à vous de faire la cuisine et le ménage sans aide, passez votre chemin.

Ici, les choses étaient claires : je rentrais plus tôt, mais je ne m’occupais que de moi et de bébé.
A Père Charmant de gérer courses, ménage, cuisine et ainés.
Il a reçu un peu d’aide de ma mère, venue une semaine à partir du jour de mon accouchement.

A savoir :
– Le délai légal pendant lequel une maternité doit garder une jeune accouchée est de 2 h.
– Les décharges que font signer les médecins n’ont en fait aucune valeur juridique.
– Le test de Guthries peut être fait à domicile ou en consultation de ville sans souci. Par contre, vérifier avec la personne qui va vous suivre qu’elle a des plaquettes de tests. Sinon, il faut en demander une à la maternité qui ne peut vous la refuser. Et à charge pour vous de l’envoyer ensuite au labo qui gère cela.
– Si vous voulez faire une sortie précoce, pensez bien à en avertir votre accoucheur.
– Trouver une sage-femme qui vous suivra ensuite et est d’accord avec votre projet est un point non négociable pour faire cela !

8 réponses à to “Maternité et sortie précoce”

  • Mayan says:

    J’aurai rêvé d’une sortie précoce pour mon 2eme. Le 1er étant préma ce n’était pas possible, ce qui et tout à fait normal. Pour mon and j’ai passé 5j interminables et encore les sages femmes ne voulaient pas me laisser sortir car soit disant il buvait trop peu. Enfin c’était pas comme si c’était mon premier, là je savais faire, et puis heureusement que quand j’ai accouché (avec un mois d’avance) le papa était en vacances parce que sinon qui s’en serai occupé vu qu’on a pas notre famille à côté. Donc je suis pour les sorties précoces même si je n’ai pas eu l’occasion de tester.

  • Juste quelques mots : Bravo mère courage et volontaire !

    Bienvenu au petit ange et je formule le vœux qu’il soit toute sa vie entouré d’amour !

    Félicitations aux heureux parents !

  • Lulu says:

    Pour #Mini, tout comme toi j’ai été docile et obéissante : j’ai fait tout ce qu’on me demandait de faire (y compris cet affreux O’Sullivan dégueulasse) Du coup pour Chaton, je me suis rebellée et j’ai demandé une sortie précoce. Réponse de la maternité : il faut rester 49h minimum !! (J’appelle pas ça précoce) J’ai dû rencontrer la sage-femme cadre pour lui prouver que j’étais pas une hippie farfelue, mais heureusement elle était sur la même longueur d’ondes que nous ^^ J’ai pu finalement sortir au bout de 30h, parce que Maxi et moi avons décidé (après sa naissance et au bout de plusieurs heures d’observation) que je passerai la première nuit à l’hosto pour la santé de Chaton, sinon je serais sorti le soir même ^^
    Pour le prochain enfant, j’espère récidiver mais avec une meilleure organisation à la maison. D’ailleurs, tout comme toi, j’ai passé pas mal de temps debout, à faire des trucs (organisé le coin de Chaton notamment)ou rendre visite à la famille. On est tellement mieux quand personne ne nous dérange toutes les 2 heures 😀

    • meredebordee says:

      Voilà, c’est clair ! Même pour N°3, je me suis sentie reposée. Et pourtant, il y avait les ainés encore petits ^^
      J’aurais adoré sortir dès la fin des deux heures mais ma SF insistait pour que je reste 24 h ^^

  • virginie says:

    bonjour,
    je souhaiterai sortir au plus tôt de la maternité car comme toi, les réveils très tôt le matin ou les passages a 23h alors que je dormais non merci. tu aurais le texte qui dit qu’on peut sortir au bout de 2h stp. merci

    • Mère Débordée says:

      Je vais me renseigner. C’est ma sage-femme de l’époque qui m’avait parlé de ce délai minimal au delà duquel on peut sortir, avec ou sans autorisation médicale.

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