Mardi, 16 h 50. Le téléphone sonne.
Je décroche. Voilà 1 semaine que je suis alitée.

Au bout du fil, l’atsem de Tisinge.

« Bonjour Mme Débordée, excusez-moi de vous déranger, mais je voulais vérifier avec vous que Tisinge avait bien été récupéré par son papa ?»

Gros blanc. Pourquoi me pose-t-elle cette question ? Je ne sais pas si, ce soir, Père Charmant devait récupérer les enfants à 16 h 30 ou plus tard.

« Et bien, Tisinge n’est plus avec nous, et je n’ai vu personne venir le chercher. Nous avons fouillé toute l’école sans résultat. J’espérais qu’il aurait vu son père et aurait échappé à ma vigilance pour le rejoindre »

Je promets de me renseigner et de rappeler.

Il est 17 h. Père Charmant n’est toujours pas là. S’il a été cherché les enfants, il devrait déjà être rentré. Son portable sonne dans le vide.

L’angoisse. Le cœur qui bat, au bord des lèvres. Les larmes aux yeux. Pourquoi ne répond-il pas ? Où est mon bébé ?

17 h 15. L’atsem rappelle. Je ne peux rien lui dire. Je sens qu’elle s’inquiète. Elle décide d’aller vérifier à la garderie si Schtroumpfette y est, ce qui permettrait de savoir si Père Charmant est venu ou pas.

17 h 20. La voiture, enfin. Je me précipite à la porte, les larmes aux yeux.

Ils sont là. Tous les 4. Tisinge est là. J’ai la tête qui tourne, il faut que je m’asseye, et je fonds en larmes, sous les yeux médusés de mes loulous et de mon homme.

J’explique laborieusement à Père Charmant le souci. Et je rappelle l’atsem pour la rassurer.

Apparemment, Tisinge a aperçu son père au loin. Mais pas l’atsem. Et quand elle a dit son prénom, qu’il porte en commun avec un autre petit garçon de sa classe, il a cru que c’était pour lui, et a profité de la cohue de la sortie d’école pour se glisser hors de sa classe et rejoindre son père.
Ce dernier, le voyant arriver, n’a pas été jusqu’à la classe, pour signaler sa présence, pensant que l’atsem l’avait repéré de loin, et que c’était pour cela que Tisinge l’avait rejoint.
Puis il et parti chercher les deux grands, et, sur le chemin de la maison, a fait un détour pour faire quelques courses.

Quelques secondes ont suffi pour que mon petit garçon disparaisse.

Je n’en veux à personne, mais cela me fait flipper méchamment. Parce que Tisinge serait du style à sortir de sa classe même si nous ne sommes pas là.
Que ce serait-il passé si, en entendant son prénom, il avait fait la même chose, mais sans que l’un de nous deux ne soit présent.
Aurait-il eu l’intelligence de rester aux abords de l’école ? De rejoindre la primaire et son frère, suivant le trajet habituel, même seul ?
J’ai vécu les 30 minutes les plus longues de ma vie. J’ai imaginé mille scénarios, me voyant déjà appeler la police pour signaler sa disparition en me rongeant les sangs de ne pas savoir s’il allait bien ou non.

Quelques secondes ont suffi. Un instant d’inattention.

Et pourtant, je sais combien les sorties sont surveillées, à l’école, et je leur garde toute ma confiance.

Depuis, chaque jour, je demande à Père Charmant à quelle heure il compte récupérer les enfants. Et de le dire à l’atsem et la maîtresse.

Cela paraît peut-être disproportionné, mais j’ai réellement été traumatisée par ce court, si court épisode qui a été finalement sans conséquence.
Parce que je me suis rendu compte que quelques secondes suffisent

6 réponses à to “Les 20 minutes les plus longues de ma vie”

  • Marina says:

    Perso çà m’est déjà arrivé de voir des parents prendre les enfants d’un autre groupe et partir avec ,sans prévenir les collegues et leur signaler …quand c’est moi qui leur tombe dessus , je me fache vraiment avec eux en leur expliquant les conséquences morales que çà peut prendre pour nous…

  • Maëline says:

    Punaise, le flip… J’ose à peine imaginer l’angoisse et tout ce qui a pu te passer par la tête. 30 minutes, c’est long… Heureusement que tout finit bien… Même si ça fait prendre conscience qu’il ne faut qu’une poignée de secondes pour que tout bascule. Des bises !

  • Oh la vache! Quelle horreur! Comme tu dis, quelques secondes suffisent!
    En tant qu’angoissophile accomplie, je ne peux que te comprendre! Moi même j’harcèle mon homme tous les jours « tu m’envoies un message quand tu pars, quand tu rentres, limite quand tu vas pisser ».
    Il va falloir que j’essaie de me résonner pour le tout p’tit histoire qu’il n’hérite pas de sa dingue de mère!
    Plus de peur que de mal. Ouf…

  • Pomdepin says:

    Oh, j’imagine ton angoisse. Heureusement ce n’était rien. Mais c’est quand même fou qu’un enfant puisse échapper aussi facilement à la vigilance de l’école.

  • blandine says:

    je suis exactement pareil !! ma troizieme a le don pour se faufiler aussi …
    je signale tous les matins qui vient chercher les enfants et le soir comme ce soir ou mon fils a piscine et que je le recupere sur le parking, j’interpelle toujours la maitresse pour prevenir que je l’ai recuperer !!

  • Oh mon dieu !!! Même si cela ne servait à rien je crois que j’aurai hurler sur l’atsem !!!
    Ouf, plus de peur que de mal mais cela a du être horrible !

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