Si tu es une femme, avant même d’avoir des enfants, tu as déjà entendu parler du fameux « instinct maternel ».
Tu entends dire qu’il se met en place parfois doucement pendant la grossesse, qu’il naît avec bébé, un peu comme un feu d’artifice. Il explose en toi à la naissance de ton bébé.

C’est ce fameux instinct maternel qui te fera entendre le moindre bruit de bébé et te réveillera donc la nuit.
C’est lui qui te permettra de suspecter un souci même quand le médecin te dit que tout va bien.
C’est aussi lui qui, il paraît, te permettra de reconnaître les cris de ton bébé et leurs causes.

C’est surtout lui qui donne une sacrée pression sur les épaules des mères…

Quand je suis tombée enceinte, j’imaginais le jour de l’accouchement de Gremlins avec beaucoup d’émotions. Il était clair que ce serait un jour merveilleux, qui verrait naître mon instinct maternel et surtout, surtout, un amour inconditionnel et immédiat pour mon enfant.

J’ai eu un accouchement merveilleux. Oh oui. Si je devais revivre certaines journées de ma vie, mes accouchements en feraient partie.

Par contre, pas de sensation d’amour intense et immédiat.
Oh, j’ai aimé mon fils au premier regard, oui. Mais je n’ai pas ressenti ce sentiment intense et submergeant que l’on m’avait vendu comme indissociable de la naissance.
Tout comme je n’ai pas senti l’instinct maternel se mettre en place.

À vrai dire, je n’ai jamais pu déterminer la cause des cris de mes bébés. Et pourtant j’en ai eu trois.
Je la devine à cause de l’heure (tiens, 3 h depuis le dernier bib, il a faim) ou de l’odeur (Hum…il serait temps de changer la couche là) ou encore de l’état de mon bébé (Ouhhh… Joues bien rouges ! Il n’aurait pas de la fièvre)

Quand Gremlins est né, les trois premiers jours, j’ai eu du mal à réaliser. Je l’aimais, certes. Mais je me sentais détaché de lui. Je ne ressentais pas du tout ce sentiment d’attachement que beaucoup de mères disent avoir ressenti dès le 1er regard.
À tel point que j’ai eu peur, l’espace d’un moment, d’être une mère dénaturée.

J’étais contente qu’il soit là, certes. Je l’avais assez attendu pour cela. Mais rien de plus.
En plus, Gremlins était un enfant aux besoins intenses, un « Baby »
Il m’épuisait.
Un mois à peine après mon accouchement, j’ai été soulagée d’être séparée de lui, problème de santé oblige.
On a dû me retirer la vésicule biliaire. Quatre jours d’hospitalisation.
C’est ce qui m’a sauvé, en quelque sorte. Parce que j’étais contente d’être sans mon enfant. Mais qu’une fois à la clinique, au bout de 24 h, il m’a manquait atrocement. À en pleurer. Et que je l’ai retrouvé avec bonheur. Et que j’ai senti, seulement à ce moment-là, un mois après avoir donné naissance, cette vague d’amour, cet attachement pour lui se mettre en place.

Depuis, j’ai eu deux autres enfants.
Je devine rapidement s’ils vont être malades, et de quoi.
Souvent, je ne passe qu’un coup de téléphone à mon médecin pour qu’il prescrive ce que je pense avoir besoin sans être pris en rendez-vous.
Disons que désormais, je ne vais chez le médecin qu’une fois sur 2 voir 3 maladies. Et encore parce qu’il insiste pour nous voir un peu quand même.

La dernière fois, je me rappelle être arrivée en lui disant « Une rhyno pour Schtroumpfette, je pense, et un début de bronchiolite pour Tisinge »
Aucun des deux n’avait de fièvre. Très peu voire pas de toux. Ils pétaient le feu.
L’auscultation m’a donné raison et mon médecin nous a prescrit les médicaments que je lui avais réclamés par téléphone. Cela le fait marrer à chaque fois et m’a proposé de m’embaucher comme assistante ^^

Je suis devenue une experte ès météo. Même si météo France dit quelque chose, je ne me fie qu’à mon ressenti. Et je sais que même s’il fait vraiment moche ce matin, un truc me dit que cela va se dégager et qu’ils vont avoir trop chauds si je les couvre trop.
Ou que, tiens, malgré les prévisions plutôt optimistes, j’ai comme l’impression qu’il va pleurer. « Si, si, je t’assure, Père Charmant ! Mets leurs les manteaux, on ne sait jamais !»
Je ne me trompe que rarement.

Je devine quand quelque chose ne va pas même s’ils rient et ne disent rien. Gremlins me semblait plus calme et câlin. Et pourtant, il soutenait à son père qui l’interrogeait à cause de mon insistance que tout allait bien. Il aura fallu un gros câlin, et de lui redire qu’il pouvait tout nous dire, s’il avait un souci, et que nous serions toujours là pour lui, pour qu’il nous avoue enfin qu’il était harcelé par quelques « copains » de l’école.

Alors, instinct maternel immédiat, je ne sais pas. Oui, la nature est bien faite. Elle a mis en place des tonnes de choses pour que l’humain s’occupe de son bébé malgré les difficultés. Les hormones, la perte de mémoire sélective, l’amour.
Mais je pense aussi que l’instinct ne fait pas tout. Que l’on peut aussi s’en croire dépourvu et être pour autant une bonne mère.
Parce que l’habitude, le quotidien, l’observation feront toujours de nous, parents, les meilleurs experts pour nos enfants.
Bien plus experts et connaisseurs que les médecins les plus compétents, les psychologues les plus réputés.

On ne choisit pas son enfant. Nos enfants ne choisissent pas leurs parents. Mais nous faisons au mieux. Et c’est l’essentiel.
L’instinct maternel, on s’en fiche. L’important, c’est bien l’amour….

PS : En écrivant cet article, j’ai découvert ce billet de Maman Engagée sur le même thème !

Une réponse à to “Le mythe de l’instinct maternel”

  • Delph Dolce says:

    Je ne pense pas que ce soit inné pour tous 😉
    Perso je n’ai pas d’instinct tout court 😀 c est plus simple ^^
    Mais l’amour ça, j’en ai, surement à en revendre même…

    D.

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