La maison des maternelles vient de faire une mini-émission sur le sujet. Trop courte et survolée en début d’émission, c’est bien dommage, mais cela a le mérite d’avoir été quand même évoqué, en espérant qu’une émission complète y soit consacrée, tant il y aurait à dire.

J’ai déjà parlé ici du burn out. Dans ce billet où je disais le manque de reconnaissance de cet état.
Et aussi ici, où j’étais tant fatiguée que j’ai du appeler à l’aide une nouvelle fois pour en sortir.

Je vous avais également parlé du livre de Stéphanie Allenou, Mère épuisée, autobiographique, et qui retrace la « descente en enfer » de cette maman qui explique avec beaucoup d’émotion ce qu’elle a ressenti et comment elle est en sortie.

Parce qu’on s’en sort, du burn-out, sachez le !

C’est pourtant un état plutôt vicieux. On est épuisé, nerveusement, physiquement et moralement. Mais dans le cas du burn-out parental, cela ne concerne que la sphère privée, et même que la partie « parentale ».
Pas de soucis avec le conjoint, les amis, au travail, au contraire.

C’est toute la différence entre la dépression, qui donne une impression d’épuisement global. On est au 36eme dessous, on arrive plus à avancer nulle part avec l’impression qu’on n’arrive à rien.

Le burn-out parental, lui, c’est un épuisement du rôle de parents. On ne s’en sort plus, on a l’impression de ne plus arriver à s’occuper de ses enfants, et on en vient même à regretter d’en avoir, tant on se sent mauvais parent.
Et à côté de ça, le reste se passe nickel. Ce qui rend le diagnostic difficile à poser pour la famille, les amis….

Dans mes billets, je disais que si on pouvait en sortir, on garde néanmoins une fragilité.

C’est ce qui m’arrive depuis quelques semaines.

Prenez une maman solo, avec 3 enfants dont 2 à besoins particuliers. Ajoutez une dose de problèmes des enfants, saupoudrez d’un bébé qui pleure des heures, inconsolable, sans que personne ne s’en inquiète et vous aurez le parfait cocktail explosif.

J’ai essayé de tenir, de rester positif. Mais force est de constater qu’il est là, effleurant mon âme, cherchant à agrandir la brèche pour s’engouffrer, puissant et implacable.

Heureusement, pour l’avoir déjà vécu, j’ai su reconnaître les symptômes, même s’il m’a été difficile d’ôter mes œillères qui me faisaient dire « mais non, c’est juste un peu de fatigue ».
Il aura fallu que je fonde en larmes au téléphone avec ma sage-femme pour que je réalise qu’il était là, et que si je ne me l’avouais pas très vite, il deviendrait un hôte indésirable dont je n’arriverais pas à me débarrasser.

Ce que je ressens ? Je suis épuisée. Petit Pépin pleure tellement. Et je n’arrive ni à le soulager, ni à le consoler. Et je me suis vue dire à mon bébé d’à peine un mois « ferme là putain! »
Et je me suis vue, une nuit sans sommeil, l’attraper un peu brusquement tant ses hurlements me crispaient.
Je me suis vue le planter là, m’allonger sur le canapé du salon avec des boules quiès et de la musique pour ne plus l’entendre.
Je me suis vue me dire que j’avais fait une erreur d’avoir cet enfant.
Je me suis vue passer mes jours et mes nuits à appréhender ses réveils de ses rares moments de calme de peur de l’entendre pleurer encore.
Enfin, je me suis vue ne plus être touché par ses pleurs, blasée…

C’est ça le burn-out. On essaye, on essaye. D’être parfaite, d’y arriver, de faire le meilleur pour nos enfants. Mais ça ne va pas, on s’énerve, se fatigue.
Puis, à force de fatigue, d’énervement ou de déception, on finit par prendre une certaine distance, et à ne plus rien ressentir.
On devient un automate, on fait les choses parce qu’il faut, qu’on a pas le choix. Mais on ne ressent plus rien, on est blasé…

Et on a l’impression qu’on en sortira jamais.

Heureusement, contrairement à ma première fois, mon médecin est plus au fait de ce problème.
Je suis également un peu plus entourée.
Et je sais. Je sais ce que c’est et je sais que ce n’est qu’un état temporaire, que je vais en sortir, plus ou moins facilement et rapidement.

Alors, on déclenche le plan « Boutons le burn-out hors de chez moi ».
Et j’y arriverais !

En attendant, vous pouvez découvrir la vidéo du sujet sur les maternelles, avec, en prime, une mini-interview par webcam de moi.
Ma tête fatiguée, mon teint brouillé (avec les boutons qui vont bien, OMG ! ) et mes yeux cernés, c’est cadeau !

Rassurez vous : la webcam ne rend vraiment pas justice à mon incomparable beauté ^^
En vrai, je suis bien moins cernée, bien moins l’air fatiguée (même si je suis épuisée)

Et non, je ne suis pas en burn-out profond. Pas encore. Pas si je fais le nécessaire dès maintenant. Ils ont pris un petit raccourci que je leur pardonne bien volontiers si cela peut permettre à d’autres parents qui vivent ça de se sentir moins seuls et d’être rassurés.

Parce que c’est aussi le problème avec cette pathologie : se sentir seule, isolée, avoir l’impression que personne ne le vit, ne comprend.

En attendant, je vais vite acheter le livre qu’ils conseillent.

Et prendre soin de moi pour me remplir de bien-être, afin de pouvoir donner le meilleur à ma famille.

Une réponse à to “Le burn out parental”

Laisser un commentaire