Elle est là, forte et pourtant si discrète, prête à protéger du monde extérieur et de ses vicissitudes.
Parfois trop grande, parfois trop petite, pourtant le premier et dernier refuge en cas de danger et de soucis.

Mais parfois, un coup plus fort que les autres et la voilà qui se fendille, se craque ou se brise.

Quand la carapace laisse entrevoir une faiblesse, on prend quelques bouts de ficelle, un morceau de scotch, et on essaye de rafistoler tant bien que mal, avec plus ou moins de succès.

Mais une fois fragilisée, elle ne retrouve jamais sa solidité, et toujours, toujours, cette peur que la fissure revienne, s’aggrave, devienne irréparable.

Quand la carapace devient trop fragile pour se protéger, on se cache dans une grotte ou sous des rires. Ne jamais laisser voir la faiblesse, ne jamais dévoiler ses larmes.

Sans elle, on se sent tellement fragile, tellement petit. Mais avec elle, parfois, son poids est trop lourd à porter et on aimerait pouvoir s’en soulager sur quelqu’un d’autre.

La carapace, c’est parfois une attitude, un vêtement, un rire. Toujours montré que tout va bien, que rien ne fait mal, qu’on assure.

Mais qu’en-est-il quand ce n’est plus le cas ?

Si on regarde à travers les fissures, on découvre des doutes, de la fatigue et des larmes.
Et pourtant, en surface, tout semble bien, les rires, les sourires, les « Non mais ça va hein ».

Ma carapace se fendille en ce moment. Je fais des réparations de fortune. Un bout de scotch par-ci, une mini-hibernation par là.

Avec toujours la même angoisse : qu’elle se brise totalement, me laissant faible et vulnérable, permettant au burn-out de revenir en force.

Aurais-je cette fois autant de force pour réussir à le contrer, à me relever et à en sortir ?

Je suis si lasse. Un bébé qui n’est pas bien, des enfants qui font n’importe quoi, une sensation de solitude.

Mais demain, ça ira mieux. Les enfants reviendront remplir ma maison de rires, de chamailleries et de cris. Chassant pour un temps le spleen et la lassitude, me laissant fatiguée, mais me permettant aussi de ne plus penser aux fissures qui petit à petit fendillent ma carapace.

2 réponses à to “La carapace”

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