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Nous nous sommes toujours connues. Non, ce n’est pas une exagération. Nos mères étaient amies, j’étais là à sa naissance. Nous avions quatre ans de différence. Autant dire rien.

Nous avons grandi ensemble, sa mère étant une seconde mère pour moi, je la considérais comme ma petite sœur.

Le temps à passer, les liens se sont resserrés. Elle continuait à être ma petite sœur, ma meilleure amie.

L’adolescence, les peines de cœur, le maquillage. J’étais la fille sage, trop sage, elle un peu plus délurée. Elle est celle qui m’a emmené en boîte pour la première fois.

J’ai été là à chacune de ses ruptures, de ses galères. J’ai parfois sauté dans ma voiture pour aller la rejoindre et l’aider quand elle avait besoin.

Elle a été de chacun de mes anniversaires, de mes fêtes. J’ai été de chacune des célébrations dans sa famille.

Sa famille qui m’a toujours accueillie à bras ouverts, dans toutes les célébrations (ils sont algériens), même les plus intimes, me traitant comme la grande sœur que je pensais être.

La vie passe, le temps aussi. Je suis partie, elle a fait sa vie, mais nous restions proches.

Nous pouvions passer des semaines, voire des mois sans contact, mais nous savions pertinemment que cela n’était rien, un appel, un mail et l’impression de ne s’être quitté que la veille.

Elle fut la première à rencontre Père Charmant, je fus la première à savoir qu’elle redevenait célibataire.

Enceinte de mon premier, c’était une évidence. Elle serait sa marraine. Même si cela nous obligeait à faire un baptême républicain. Peu importe, le plus important était elle et nous n’étions de toute façon pas croyants.

Nous avons fait le baptême de Gremlins, puis le lendemain, nous nous sommes mariés, Père Charmant et moi. Elle était ma témoin. La seule témoin féminine dans les quatre personnes choisies.

Puis la vie à reprit son cours. Elle a refait sa vie avec un homme adorable, et nous avons fait en sorte de nous voir au moins une fois par an, pour que Gremlins puisse nouer des liens avec sa marraine qui comptait tant dans ma vie, et surtout dans mon cœur.

Depuis près de deux ans, à chaque rencontre, à chaque coup de fil, quand elle me parlait de mes enfants ou me demandait des nouvelles, je répondais puis plaisantais « Et quoi, tu t’y mets quand ».
Elle répondait avec humour que, merci, mais non merci, pas maintenant.

Depuis bientôt deux mois, nous ne nous étions pas appelées. Elle a appris mes déboires médicaux. M’a appelée pour me demander des nouvelles.

Je lui ai raconté la même chose qu’à vous, me plaignant que je vivais mal le fait de ne peut être plus avoir le choix d’avoir un 4e ou non. Que je n’étais pas prête à renoncer à ce droit de choisir.

Puis je lui ai demandé : Et toi ? Comment vas-tu ? Quand pourrais je venir pouponner chez toi ?
Et là, elle m’a enfin dit. Dit sa stérilité. Sa douleur de ne pas réussir à devenir mère depuis plus de deux ans.
Elle m’a raconté son parcours de PMA. Ses 3 essais qui se sont soldés par des échecs. Son attente du feu vert pour le 4eme essai.

Sous le choc, je lui ai demandé pourquoi. Pourquoi ne m’en avait-elle pas parlé avant ? Pourquoi n’avoir jamais rebondi sur mes questions, ces deux dernières années, pour me dire sa douleur?

Sa réponse : « Je ne voulais pas te déranger avec cela »

Alors, j’ai pleuré avec elle. Pleurer sur elle et son malheur. Pleurer d’avoir été une si piètre amie puisque je n’ai su, en deux ans, lui apporter assez de confiance pour qu’elle ose « me déranger avec cela ».

Je l’ai engueulée, bien sûr. Je lui ai dit que c’était à cela que servent les amis, voyons ! Qu’elle ne me dérange jamais. Que je serais toujours à ses côtés, même quand je ne suis pas en accord avec elle, comme cela a pu être le cas dans le passé.

Puis nous avons raccroché, elle était au travail.

J’ai passé la soirée au bord des larmes de me sentir si conne, si mauvaise amie. Elle n’en a parlé qu’à son homme et sa mère. Pour ne pas déranger.

Elle ne lira sûrement jamais ces mots. Mais j’avais besoin d’extérioriser.
On est peu de chose. Ce qui nous paraît une catastrophe est finalement bien peu de choses chez certains de nos voisins ou amis.

Je tire une leçon de toute cela. Arrêter de me plaindre de ne peut être jamais pouvoir avoir de 4eme. J’ai déjà trois enfants en bonne santé, ce sont trois de plus que beaucoup d’autres.

Mais surtout être une amie plus présente. Lui donner l’impression qu’elle aura toujours une écoute quels que soient l’heure et le jour. Quel que soit le sujet. Quels que soient les problèmes que je traverse. Qu’elle n’hésite jamais à venir vers moi. Je pensais que cela allait de soi, mais ce n’était pourtant pas ainsi qu’elle le ressentait. À ma grande honte. À ma grande tristesse

2 réponses à to “Je ne voulais pas te déranger…”

  • sophie mum says:

    n’ai pas honte tu dois etre une bonne amie, elle n’a pas oser « tembeter » maintenant tu sais pour elle du coup je suis sure tu seras bien plus presente pour elle. maintenant que « les secrets » sont levés. et oui dis toi que tu as déjà 3 beaux enfants. Moi aussi je reve parfois dune seconde grossesse mais a la maison ca nous feriat 3 enfants et je serais obligé de prendre un conges parental. est-ce que jen ai envie oui et non mais plus non car trop de problematique manque une chambre (oui on veut que chacun ai sa chambre, j’aime mon taf, je n’aime pas rester à la maison etc..) du coup je me dis que j’aurais que ma minipuce d’amour et mon truncky

    • meredebordee says:

      Effectivement, il y a une grosse réflexion avant de passer à 3. Ici, pas eu le temps d’y réfléchir car Tisinge fut un bébé surprise (j’étais sous sterilet, le choc !)
      Mais je ne regrette pas de l’avoir. Je suis juste ravie qu’il soit maintenant à l’école pour que je puisse enfin souffler, me recentrer sur moi même.

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