951864__sad-sailor-moon_p

 

C’est l’histoire d’une petite fille malicieuse et pleine de tendresse.
Cette petite fille avait de magnifiques yeux bleu et une longue chevelure blonde, elle ressemblait à une princesse, et portait d’ailleurs le nom d’une petite princesse qui avait bercé les rêveries enfantines de sa propre mère.

Cette petite fille était pleine de tendresse et d’amour envers les autres. Aucune timidité, elle adorait aller vers les autres et se blottir dans des bras, même inconnus, pour un câlin, sans rien demander en échange.

Elle adorait se déguiser en princesse, comme toutes les petites filles, mais était aussi une grande fan de Flash McQueen, Woody et Buzz l’éclair.
Elle n’aimait rien de moins que de se laisser porter par les jeux des autres enfants autour d’elle, amis, frères, cousins.

La petite fille était très attachante, tout le monde la trouvait jolie, mignonne et câline, et les gens ne demandaient pas mieux que de s’approcher d’elle pour bénéficier de la chaleur de son sourire, de la douceur de ses caresses.

Elle grandit, petit à petit. Et bientôt, les gens la regardèrent étrangement. La petite fille ne comprenait pas pourquoi. Elle n’avait pas changé physiquement, hormis le fait qu’elle avait grandi et avait désormais 3 ans.
Elle était d’ailleurs ravie d’être enfin à l’école.

Puis elle se rendit compte que seuls les adultes avaient changés de regard sur elle.
Les enfants, eux, la traitait comme n’importe quel autre enfant, hormis quelques uns qui ne cessaient de se moquer d’elle.
Mais elle avait le cœur si tendre que cela ne la touchait pas. En fait, elle ne se rendait même pas compte qu’on se moquait d’elle, qu’on la regardait autrement.
Elle ne pouvait pas comprendre, elle qui était si pure, dans un monde où tout le monde est gentil.

Elle eu 4 ans, un anniversaire qui lui permis de faire connaissance avec son nouveau petit frère.
Elle n’était pas jalouse, au contraire. Elle ne cessait de le câliner, le pouce à la bouche.

Pourtant, les choses changeaient, invariablement. On ne cessait de la bousculer, de lui demander plus qu’elle ne pouvait faire.
Elle dût aller voir un médecin, puis un autre.
Elle vit sa maman se débattre et parfois, l’oublier un peu, elle, dans ces démarches dont elle était pourtant le centre.

Bientôt, son petit frère grandit, évolua. Elle rentra en grande section de maternelle et pris conscience, petit à petit, du regard des autres, des différences.
Elle fut blessée par la facilité de son petit frère à parler avec les gens.
Elle qui avait toujours eu du mal, avec sa voix rauque, sa prononciation difficile.

Elle se prit à jalouser, détester ce petit frère pourtant tant attendu et aimé.
Elle se prit à croire que sa maman ne l’aimait plus. Cette maman qui pourtant se battait chaque jour pour faire reconnaître sa différence et lui permettre d’avoir toute l’aide dont elle aurait besoin par la suite.
Elle la vit s’épuiser et bientôt, se détacher d’elle. Les câlins se firent rares, les mots tendres inexistants.
Elle se referma sur elle-même et bientôt, ne parla plus. Sa façon à elle de tirer le signal d’alarme.

Sa maman l’entendit. Elle partit quelques jours et revint près d’elle, encore plus aimante et tendre qu’avant.
Elle lui expliqua que tout cela n’était pas de sa faute mais qu’elle avait fini par ne plus pouvoir donner, à trop se battre.
Elle s’excusa auprès d’elle, lui promit que cela n’arriverait plus.

La petite fille était contente, sa maman, celle qui lui prouvait chaque jour qu’elle l’aimait plus que tout était revenue.

Elle arrêta de voir les médecins. Sa maman voulait prendre le temps d’être avec elle et de l’écouter, elle, cette petite fille que tout le monde ne voyait que par sa différence et non pour ce qu’elle était.

Elles se retrouvèrent. Bientôt, sa maman pleura de joie en la voyant jouer enfin, elle qui ne faisait que suivre les autres en se contentant de les regarder.
Elle pleura encore plus le jour où la petite fille réussit enfin à faire du vélo, ce qu’elle n’avait jamais pu faire avant à cause de ces problèmes.
La voir pédaler, puis retirer les petites roues avait rendu ses parents fous de joies.

Elle était toujours un peu jalouse de son petit frère mais sa maman avait su mettre des mots sur ce problème, et cela avait permis de l’aplanir.

Elle rentra en CP. Elle prouva à tous que non, ne pas parler comme tout le monde ne faisait pas d’elle une personne stupide. Elle était intelligente, plus encore que pas mal de ses camarades, à la grande joie de sa maman qui craignait qu’elle ait du mal.

Sa maman lui expliqua la différence, les médecins à voir, les progrès à faire.
Elle lui raconta les difficultés passées et à venir et lui dit combien elle était fière d’elle, de cette petite fille si belle et courageuse.
Elle lui redit encore combien elle était heureuse d’être sa mère, qu’elle n’aurait pu avoir meilleure petite fille.

La petite fille se remit à parler. Elle accepta de répéter, de se reprendre, de trouver des manières de se faire comprendre.

Cette petite fille, c’est Schtroumpfette. Le chemin est long vers l’acceptation du handicap, et encore plus long le chemin vers l’acceptation par les autres de la différence.
Tous les jours, je me bats pour elle. J’espère et appelle de tous mes vœux un diagnostic enfin posé afin de pouvoir dire à tous que non, elle ne fait pas exprès. Que oui, la dysphasie est une maladie, un handicap, mais que ça ne change que son élocution et sa maladresse, pas le reste.
Que oui, ma fille est une enfant comme les autres, qui aime le chocolat, les dessins-animés, chanter et danser.
Qu’elle est aussi intelligente que les autres. Elle lit bien, comprend tout, est au dessus de la moyenne en math.
Qu’elle adore écrire, et que sa maîtresse ne peut lui donner des lignes en punition, tant c’est un plaisir pour elle.

Cette petite fille qui parle si mal, elle adore rendre service, consoler son frère, mettre une lessive en route ou courir au parc après les canards.

Cette petite fille est handicapée. Et pourtant, elle ne demande rien. Ni pitié, ni facilités. Juste qu’on ne la regarde que pour elle, et pas pour son problème.

Cette petite fille, c’est la mienne, et j’espère qu’elle n’aura jamais aucun doute sur l’amour que je lui porte, malgré les difficultés que nous avons pu traverser.
Cette petite fille, c’est mon héroïne et j’espère bien qu’elle le saura et le comprendra bientôt !

14 réponses à to “Il était une fois [ #53billets2015 #14]”

Laisser un commentaire