Avec elle, vous êtes tranquilles de Violaine Ascarel

Avec elle

J’ai été contacté il y a quelques temps par Violaine Ascarel qui me proposait de découvrir son roman édité en février 2018 aux Éditions du Panthéon.

Voici le résumé :

« Je me souviens de la première fois où je suis allée la chercher. Son regard perdu, son visage rougi par les larmes. Je ne m’y attendais pas. Au moment de la laisser, Camille m’avait embrassée et s’était tout de suite tournée vers les jouets.
Le changement de nounou avait l’air de se dérouler sans problème. J’étais partie l’esprit tranquille, persuadée que tout irait bien. »

Voici l’histoire d’un combat. Celui qu’une mère n’a pas su mener. De ses observations à ses ressentis, elle balaye chacune de ses rencontres avec la nourrice de ses enfants. Rien de grave ne s’est vraiment produit, et pourtant, elle se retrouve presque dévastée face à celle qui la fait douter de tout. Et principalement de son rôle de mère.
Derrière les apparences de la courtoisie, ces deux femmes n’ont jamais fait jeu égal. De sa difficulté à s’affirmer, Violaine Ascarel a développé une méfiance, une vacillation, jusqu’à la tourmente.
Comment s’est-elle délivrée de ce sentiment ? De quelle façon s’est achevée cette relation toxique?N Et les enfants dans tout ça ?
Violaine Ascarel dévoile le témoignage courageux d’une femme sujette à toutes les angoisses maternelles. Au fils des pages, la conscience d’un profond mal-être grandit, laissant peu de place à la moindre issue.

Mon avis :

Alors déjà, je voudrais m’excuser auprès de Violaine pour avoir tardé à parler ici de son récit. En effet, si le livre a été très vite lu (il ne fait que 84 pages), j’ai été prise par le temps entre l’après-déménagement, les réunions qui s’enchaînent pour préparer la rentrée des enfants et, surtout, la fatigue.

J’ai été interpellée dans un premier temps par le résumé du livre et surtout, par la phrase « Voici l’histoire d’un combat. Celui qu’une mère n’a pas su mener ».
Car finalement, après lecture, cela montre toute l’étendue du problème rencontré par cette mère : elle se sous-estime énormément au point de nier sa capacité à savoir ce qui est le mieux pour son enfant.

Comme le décrit très bien son résumé, Violaine a du subir le mépris et la suffisance d’une femme dans laquelle elle avait placé sa confiance pour s’occuper de son enfant, et finalement, cette relation s’est avérée déséquilibrée et même destructrice. Aussi bien pour la mère que pour la fille.
Son récit décrit très bien le déroulé d’une relation avec un pervers narcissique. Et, dans le cas présent, d’une perverse.
Cette femme, sous des petites phrases, des sous-entendus, va amener Violaine a douté de ses capacités et de ses ressentis, prendre l’ascendant sur la relation employeur-employé au point que les rôles s’inversent : Violaine devient celle qui doit, celle qui quémande, celle qui s’écrase.

Le récit est assez glaçant tant on ressent à travers les mots toute la souffrance, la colère et la rancœur qui anime l’autrice envers cette assistante maternelle malveillante.

L’écriture est fluide, agréable à lire et finalement, en quelques instants, on est déjà à la fin, le cœur plein de compassion et de colère pour cette maman et sa fille.

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est qu’on retrouve aussi ce quelque chose qui m’horripile dans les relations avec les personnes qui gravitent autour de nos enfants : on n’ose pas des remarques marquées, exiger certaines choses pourtant de bon sens parce qu’on est face à des professionnels et qu’on se sent moins légitime dans le savoir.
Alors, pour peu qu’on soit un parent peu sûr de soi, on arrive à ce genre de situation hallucinante où le parent est rabaissé, presque insulté, au point d’avoir l’impression de n’être rien. Et de s’en vouloir pour ça.

L’autre difficulté avec ces professionnels, c’est la peur de la vengeance.
Chaque fois, j’entends la même chose quand un parent est mécontent de sa nounou, d’une maîtresse, d’un professionnel de l’enfance : il a peur qu’en faisant part de son mécontentement, même de façon sympa, cela retombe sur l’enfant. Car rien de plus facile pour des personnes malveillantes que de toucher au point faible pour se venger : l’enfant.

Enfin, il y a aussi le problème du manque de solutions de garde qui font qu’en cas de problème, on est vite bloqué : qui peut prendre l’enfant rapidement pour le soustraire à une personne maltraitante.

Ce qui donne, comme ici, une continuation des faits jusqu’à l’entrée à l’école de la petite Camille.

Ce qui est finalement dommage, et on le voit parfaitement dans l’histoire, c’est que cela donne un pouvoir énorme à ses personnes maltraitantes qui ne s’arrêteront pas. Pas avant d’avoir en face d’eux une personne prête à aller jusqu’au bout pour faire cesser leurs agissements, et cela peut durer des années…

Violaine, dans son malheur, a eu cependant deux points très positifs : l’expérience d’une assistante maternelle précédente qui était une perle de bienveillance. Ce qui lui a permis de très vite se rendre compte de l’anormalité de la situation qu’elle vivait.

Deuxièmement, l’écoute et la prise au sérieux de ses problèmes par une personne de la RAM.

Bref. Ce témoignage montre ce que peut être une relation malsaine avec une assistante maternelle. Heureusement, toutes ne sont pas comme ça, bien au contraire.

Mais il est intéressant à lire pour permettre à d’autres parents d’intégrer qu’il faut s’écouter, se faire confiance : si vous ne « sentez pas » une personne, surtout LA personne qui doit s’occuper de votre enfant, faites vous confiance. Mieux vaut perdre du temps à chercher encore quelques temps et tomber sur une perle qui vous aura mis en confiance, que de passer chaque jour à angoisser à cause de celle qui devrait être une alliée.

Avec elle, vous êtes tranquille.
Violaine Ascarel

Éditions du Panthéon

11€90

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