J’ai lâchement abandonnée le blog. Oui, je l’avoue. Pour de très bonnes raisons.
Ma grossesse ne me laissera pas un souvenir impérissable. Finalement, elle n’aura pas été mieux que les autres que j’avais détesté déjà. Même pire finalement.

J’aurais dû accoucher le 6 janvier. A cause de mon by-pass, il était prévu de ne pas attendre le terme et de déclencher à 38 semaines, soit le 19 décembre.

Mais ma santé en a décidée autrement.
Le 28 novembre, épuisée, au bout du rouleau, j’allais à la maternité et voyais ma gynéco, en pleurs.
Trop de fatigue, trop de douleurs, trop de manque de sommeil, trop de faim… Trop trop trop.
J’étais tellement épuisée que le chemin de mon lit aux toilettes de l’appartement me laissait pantelante.
Que je ne sortais même plus de la voiture pour déposer et récupérer les enfants à l’école pour éviter de souffrir.
Que je voyais le moment de l’accouchement où je n’aurais même plus la force de pousser.

On a donc décidé que non, 3 semaines, ce serait trop pour moi.

Le 4 décembre au soir, je rentrais en clinique pour être déclenchée le lendemain.
Un mois avant terme mais c’était le prix à payer pour que je n’y laisse pas des plumes.
Heureusement, bébé allait bien, lui. Très tonique, voir trop car chaque mouvement me faisait grimacer de douleurs.

Le 5 décembre, a 9 h, on me posait un dispositif (tampon) censé maturer mon col peu ouvert (à 1). J’avais déjà vécu un déclenchement pour Tisinge qui est arrivé très vite (en – de 3 h, sans péri) et je n’étais pas inquiète. Je savais que le soir même j’aurais mon bébé dans les bras.

Mais il faut croire que ce petit bonhomme a décidé de mériter son surnom (PetitPépin) jusqu’au bout.

Si j’ai gardé un super souvenir de mes précédents accouchements, celui ci ne fait pas exception même si j’ai bien cru ne jamais y arriver !

A 11h, aucune contraction, on me remonte dans ma chambre et on me permet de grignoter deux biscottes beurrées.

12h… 13h…. 14h…. Toujours rien. Je suis lasse d’attendre, je plaisante par texto et sur facebook de cet accouchement qui ne se met toujours pas en branle.

15 h, les premières contractions sont là. J’attends d’être sûre avant de rappeler les sages-femmes.
A 15h30, on me redescend en salle de pré-travail.

De 15h à 21h, malgré des contractions bien douloureuses de 40 secondes toutes les 2 minutes, rien. Le col n’a pas bougé, le temps est figé, je commence à désespérer.

On me propose le ballon, puis un bain…

Le seul rayon de soleil, à ce moment là, c’est le changement de garde et l’arrivée de la sage-femme de nuit, Marie, pour laquelle j’avais eu un coup de cœur pendant ma grossesse.
Me dire que j’accoucherais avec elle (et avec ma gynéco qui était de garde ce jour-là) me redonne un peu le moral.

Mais à 1h, toujours rien. J’ai mal, cela fait près d’un mois que je ne dors que quelques heures par nuit, que je ne mange plus, je n’en peux plus.

Pour m’aider, en m’installe en salle de travail pour me mettre sous protoxyde d’azote pour m’aider à me détendre et à gérer mieux ces contractions qui ne font rien.

A 3h, je n’en peux plus. Je pleure, et annonce que je n’ai plus de force, que je ne saurais même plus pousser s’il le fallait à l’instant présent.
Je demande une péridurale, qu’on perce la poche des eaux, bref, tout pour accélérer les choses.
Marie me répond qu’il est hors de question de percer la poche alors que je souffre déjà énormément, et qu’une péri n’est pas vraiment envisageable à ce stade, avec un col qui ne bouge pas.

Mais devant ma tension qui baisse, les nausées qui m’assaillent, elle finit par aller voir ma gynéco et l’anesthésiste de garde.

Il est alors décidé de poser la péridurale tout de même, puis d’attendre qu’elle fasse effet pour percer la poche des eaux.

3H30, la péri est posée. 10 min plus tard, je plaisante avec l’anesthésiste qui est celui qui m’a suivi toute ma grossesse pour les sondes.
Devant ma bonne humeur qui l’étonne, je lui apprends que cela fait depuis le 14 juillet, date de la pose de ma 1ere sonde, que je n’ai pas eu un moment sans douleur. Et je savoure donc l’instant.

La poche est percée quelques instants plus tard. Puis on me laisse, dans une position qui rappelle la PLS (position latérale de sécurité) mais exagérée, presque sur le ventre.
Je m’endors illico.

Je ne me réveillerais qu’à 6h, avec le retour de Marie. Qui m’annonce que le col a enfin commencé à bouger, je suis à 4.
On regarde toutes deux l’horloge indiquant l’heure. Elle fini sa garde à 7h30, et je veux vraiment que ce soit elle.

A 7h, 7cm. Elle m’annonce qu’elle va me présenter la sage-femme qui la remplacera pour mon accouchement.
Elle sort de la pièce, revient accompagnée. Elle n’a pas le temps de parler que j’annonce « j’ai envie de pousser. Maintenant ».

Elle n’y croit pas, regarde. Et m’annonce voir les cheveux de ce bébé qui se fait tant désirer.

Le temps d’appeler la gynéco et de m’installer, en 2 poussées, bébé est là. 7H29. In extremis.

Tout le monde sourit dans la pièce, je ressens un soulagement et une plénitude intense.
Enfin, c’est fini. Enfin, on va pouvoir me retirer les sondes. Enfin, je ne vais plus souffrir.

Je regarde ce petit bouchon pour lequel j’ai choisi un prénom de roi. Je remarque de suite qu’il est la copie conforme de ses frères, en plus petit : 48 cm et 2930g
Il crie tout de suite, un cri fort, intense mais bref. Me baptise d’un petit pipi comme ses aînés, ce qui me fait rire.

Nous sommes le mardi 6 décembre, PetitPépin est arrivé avec un mois d’avance mais très bien portant.

Je suis sortie de la maternité le vendredi, après un scanner qui a confirmé que les calculs dans les reins étaient passés, et qu’on pouvait me retirer les sondes, ce qui fut fait dès le lendemain de mon accouchement.

La différence est flagrante, je revis. Des nuits reposantes (malgré les réveils de bébé), l’appétit qui revient, plus de vomissements, et je peux enfin remarcher sans douleur. Bref, que du bonheur.

Mes grands ont découvert leur petit frère le vendredi soir. Ils en sont gagas et se battent (surtout les garçons) pour savoir qui pourra le porter et lui donner le biberon.
Ma salle de bain, déjà petite, devient minuscule quand je donne son bain ou change la couche de mon petit dernier, car les aînés viennent assister au spectacle.

Tisinge ne supporte pas d’entendre son petit frère pleurer. Ça le rend triste, et le voilà qui vient «Maman ! Le bébé pleure, il faut s’en occuper, il est malheureux ! »

Il est également ravi d’être devenu grand frère. Mais a du mal à comprendre qu’il reste tout de même le petit frère de ses aînés. Ça l’agace, lui qui veut tant grandir vite.

Finalement, la vie à 5 s’organise plutôt bien. Même si je regrette parfois de n’avoir personne à qui passer le relais pour souffler, je ne me plains pas car PetitPépin reste un bébé assez facile finalement et que je me sors plutôt pas mal pour le moment.

J’attends juste avec impatience qu’il fasse ses nuits, en espérant qu’il les fera plus vite que ses frères, afin de vraiment pouvoir me reposer.

Mais en attendant, cela fait 3 semaines qu’il est là. Et ce n’est que du bonheur.

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