Il y a quelque temps, profitant du projet « Une année de bienveillance » lancé par Agoaye, j’ai entrepris de prendre un nouveau chemin de vie.

Je revois mes priorités, mes désirs, mes peurs. Je mélange le tout et j’essaye de voir ce que je peux en faire.

J’ai aussi, et surtout, arrêté de porter des oeillères sur les choses qui me font insidieusement du mal.

Il y avait eu mon by-pass, en mai 2013. Une renaissance faite de graisse perdu et d’un allégement d’une cinquantaine de kilos.

Le chemin commençait à ce moment-là même si je ne me rendais pas compte.

A l’époque, quelque m’as dit « Après un by-pass, bien des couples explosent ». J’ai ri, me moquant des gens qui utilisent une chirurgie pour justifier un divorce.

Puis en mai 2014, je claquais la porte de 12 années de couple.

On m’a dit que c’était parce que j’avais retrouvé une certaine féminité. J’ai ri. Je cherche encore cette féminité qui me fait tant envie.

Par contre, je peux certifier que si perdre du poids ne détruit pas un couple, souvent, le désir de changement peut venir d’un problème latent dans le couple.

Avec le recul, je sais que j’ai commencé mon parcours de chirurgie parce que je me sentais moche, délaissée, et que j’avais envie d’enfin exister et plaire. Me plaire surtout.

La suite logique était donc, après m’être débarrasser des kilos physiques, de commencer à me débarrasser aussi des kilos émotionnels.

Et dans ce cheminement, mon couple s’est avéré un poids bien trop lourd à porter.

J’ai hésité, j’ai failli changer d’avis. J’ai bien cru avoir fait une erreur.

Mais à peine quelques mois après, une fois le tsunami de la séparation apaisée, les choses un peu mieux posées, une organisation repensée, je me suis sentie bien plus légère.

Et puis finalement, ce n’était pas assez. Je le suspectais sans vraiment me l’avouer.

J’ai mis ça sur le compte du célibat, parfois un peu pesant.
De l’isolement aussi, moi qui avais tout quitter pour partir à 350 km de tous mes proches.

Et en septembre, un déclic. Il y avait encore temps de choses dans ma tête, dans mon corps qui pèsent insidieusement sur tout : mon moral, mon physique, mes finances, mes désirs….

Pourquoi ce déclic ? Qu’est ce qui m’est passé par la tête le jour où j’ai décidé de taper les mots « achats compulsifs » sur Google ?

Je ne sais pas.

Où ai-je trouvé le « courage » de décrocher mon téléphone pour appeler et avouer que j’avais des addictions qui me rendaient littéralement malade ?
Je ne sais pas.

Mais c’est, je crois, la meilleure chose que j’ai faite de toute ma vie.

J’ai rencontré, sur ce chemin, une infirmière psy qui a su, à force de discussions sympathiques, m’amener à réfléchir sur moi, ce que je ressentais, voulais et avais besoin.

Elle n’a jamais rien orienté, rien suggéré, rien imposé.
J’ai même parfois douté de la méthode tant j’avais l’impression de ne rien faire à part raconter ma vie à une nouvelle personne, encore.

Pourtant, là encore, il y a eu des déclics.

Le déclic de porter plainte pour une agression sexuelle que j’ai vécu dans l’enfance.
Le déclic d’arrêter d’avoir peur de mon banquier et d’en faire plutôt un allié pour mes finances.
Le déclic de dire « Oui, j’ai un problème et j’ai besoin d’aide ».
Le déclic de ne plus culpabiliser à chaque fois et d’alimenter le cercle vicieux.

J’ai poussé la porte de l’association d’addiction fin janvier.
En février, je n’ai fait que très peu d’achats compulsifs.
En mars, je n’en ai fait qu’un.

Pour la première fois, en mars, je n’ai eu aucun frais bancaire, j’ai fini le mois avec un solde positif.

Une putain de victoire pour la fille perpétuellement sans argent et à découvert.

J’ai revu plusieurs fois mon banquier, expliqué rapidement mon cheminement.
Il a su ne pas juger, faire table rase du passé, et me proposer des solutions pour m’aider dans ce combat que j’ai entamé.

Je suis hyper fière de moi.

Fière d’avoir réussi à « contrôler » mes achats compulsifs, de n’avoir aucune dette ce mois-ci et d’avoir quasiment fini de rembourser mes anciennes dettes.

J’ai également poussé la porte d’un hôpital de jour qui gère les personnes qui vont ou ont eu une chirurgie de l’obésité.

J’avais besoin d’aide dans mon combat contre les pulsions alimentaires qui m’ont rendu 15 kilos sur les 50 perdus.
Je refuse d’avoir fait tout ce chemin, d’avoir subi une telle intervention pour revenir au point de départ.

Depuis 2 mois, je vais une journée par mois en hospitalisation de jour. Je vois une diététicienne, une psychologue et un coach sportif.

Je n’ai pas perdu de poids pour le moment. Mais j’ai stabilisé, ce qui est déjà un grand pas.

J’ai découvert le cercle vicieux de la culpabilité qui pousse à manger, puis à culpabiliser, et à remanger….

Je m’autorise enfin à manger, même des conneries, même en dehors des repas. Mais sans culpabilité.
Depuis, les pulsions sont un peu moins présentes.

J’ai bon espoir, une fois toutes les causes de ces pulsions connues, autant d’achats que de nourriture, et une fois ces causes « gérées », de réussir à en finir avec elles.

En attendant, je repense ma vie.

Après avoir alléger mon corps et mon esprit, je vais alléger ma maison.

Déjà, j’ai du jeter et/ou donner et/ou vendre l’équivalent d’une bonne quinzaine de sac de 100l. Rien que 9 sacs de vêtements d’enfants !

Je prendrais enfin un peu de temps et de budget pour aménager vraiment mon chez-moi. M’acheter un vrai lit. Des chaises de salon (pour remplacer celles trouvées à la va vite et branlantes)…

Je vais aussi me renseigner pour enfin faire cette formation en langue des signes que je rêve de faire depuis des années.

Un pas après l’autre, un pas de plus vers moi…

Après, il y aura d’autres pas :

Apprendre à me regarder dans le miroir et à trouver ce que j’y vois beau.
Apprendre à sublimer encore ce beau
Apprendre à m’aimer et à me le dire…

Le chemin parcouru est déjà énorme, mais le chemin à parcourir me paraît autant important…

Un pas après l’autre…

3 réponses à to “Un pas après l’autre”

  • Wow quel chemin parcourut, bravo!! Et quel volonté!
    Oui petit a petit… moi j’ai decide aussi de ne plus subir ma vie en me séparant de mon marit il y a 15 mois et le chemin fut difficile seule avec 2 enfants en bas age. Mais petit a petit je reconstruis ma vie. J’ai repris mes finances en main en faisant un atelier qui s’appelle « 21 jours pour des finances zen » et ca m’a beaucoup ouvert les yeux.

  • Anthony says:

    Tu m’étonnes que tu sois fière de toi !

    Tes choix sont à l’origine de bouleversements majeurs dans ta vie, mais (tu t’en aperçois avec le recul) extrêmement libératoires.

    Un allègement dans tous les sens du terme (physique, émotionnel, matériel).

    En plus tu as parfaitement intégré la philosophie des petits pas (la plus puissante des méthodes).

    Il va falloir penser à changer le nom de ton blog: « maman zen » conviendrait mieux. 😉

  • Aloès says:

    Quel beau parcours, tu peux être fière de toi ! J’aime bien cette approche par petits pas, ça permet de ne pas se laisser déborder par l’ampleur de la tâche, et quand on voit ce que ça donne pour toi, c’est super efficace ! Bravo à toi et belle rencontre avec toi-même 😉

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