Ce week-end, je suis tombée sur un épisode de « Baby-Boom ». J’avoue, j’adore cette émission qui me fait pleurer à chaque fois.
Et le truc qui me fascine le plus, là-dedans, ce sont les pères.

Quand je regarde les pères présents dans cette émission, mis à part quelques-uns, la plupart m’horripilent et je me rends compte de la chance que j’ai eue avec Père Charmant.

Déjà, il y a le père flippé. Celui qui ne cesse de s’inquiéter, posant cent mille questions pour calmer ses angoisses.
Il y a le père curieux, qui pose toujours mille questions, mais sur tout : matériel, métier, accouchement…
Il y a le père « humour » : celui qui croit qu’il se produit sur une scène et qui cumule les blagues au mieux lourdes, au pire complétement connes.
Le père « tu sais pas pourquoi il est là » : le mec qui s’assoit dans un coin, passe son temps sur son téléphone ou sa tablette quand il n’est pas tout simplement au tél ou dehors avec ses potes.
Le père qui veut attirer l’attention : celui qui, pendant que sa femme souffre ou pas vient se plaindre d’avoir faim/froid/chaud/mal ou que le temps lui paraît long…
Le père émotif : celui qui pleure. Tout le temps. Pour n’importe quoi…

Illustration by papacube

Illustration by papacube

Alors à toi, futur papa qui va vivre ton premier accouchement, ou même les suivants, je te donne quelques conseils :

– Quand ta femme est en train de morfler, avant d’avoir la péridurale, évite de venir te plaindre de ton dos douloureux ou de ta carie. On s’en fout !!!! Tu as mal, tu te tais ! Tu n’as pas juste l’impression que ta femme à autre chose à faire qu’à te plaindre ou te chouchouter, elle qui morfle depuis parfois plusieurs heures ?

– Tu as faim ? Tu es fatigué ? Ben assume, merdoum ! Ta femme, dans la plupart des cas, dort mal depuis des mois, et meurt de faim si son accouchement se prolonge. Et tu ne l’entends pas se plaindre, elle. Fais un effort, bon sang, et prend ton mal en patience !

– Tu trouve le temps long ? Et alors ? C’est toi qui accouches là ? Non. Alors endure, occupe-toi et arrête de te plaindre.

– Évite les blagues. Une ou deux, juste pour détendre l’atmosphère, pourquoi pas. Mais tu n’es pas au cirque et, crois- moi, en général, pour ta moitié, ce n’est pas le moment idéal pour devenir humoriste.

– Évite d’angoisser ta pauvre femme qui doit déjà faire face à des tonnes d’émotions. Tu as des questions, des angoisses sur comment se passe l’accouchement ? Prends prétexte à une envie pressante et va voir une sage-femme hors de la chambre. Parce que ton angoisse rejaillit sur ta moitié qui finira par psychoter aussi. Et vivre un accouchement merdique à force de croire qu’il se passe quelque chose.

– Ta femme est ta priorité ce jour-là. Mets dans ta poche ton côté « Je suis le mâle, je suis le pouvoir » (côté merdique et complètement faux, mets le de côté pour toujours d’ailleurs). Tes potes et ta famille peuvent attendre. Arrête de passer ton temps au tél avec eux, ou, pire, quitter la chambre pour les rejoindre à l’extérieur de la maternité. Tu les vois bien suffisamment le reste de ta vie, tu peux consacrer quelques heures entières à ta femme.

– Évite les questions à la con. Genre « Tu as mal ? » ou « Ca va ? » Et les réflexions du type « T’aurais pas mal si t’avais pris une péridurale » ou « Pousse plus fort, allez ! »
Tu n’es ni coach, ni à sa place. Contente-toi de l’encourager, de lui demander si elle a besoin de quelque chose. N’en fais pas trop, mais sois présent. Un simple « Dis- moi si je peux faire quelque chose pour toi » suffira dans la plupart des cas. Et évitera à ta femme de penser à ton meurtre pendant son accouchement.

– Si tu t’absentes de la salle pour x ou y raisons, sois joignable. Débrouille-toi pour ne jamais être injoignable! Parce que ta femme aura besoin ou pas de toi, et qu’il n’y aura rien de plus énervant que de ne pouvoir te parler quand elle en aura besoin. Ou, pire, que faute d’être joignable, tu loupes THE moment. Regarde Baby-boom, tu comprendras que dans ce genre de cas, la mère sera là, en colère et prête à te trucider à ton retour.

– Arrête de pleurer tout le temps. Que la venue au monde de ton enfant soit un moment fort pour toi, c’est compréhensible. La maman sera même émue de te voir verser ta petite larme quand elle tiendra enfin ton héritier dans ses bras. Mais franchement, pleurer toutes les 5 min pendant toute la durée de l’accouchement, ce n’est juste pas possible. Ca agace, et t’as qu’une envie en tant que maman, c’est dire au papa pleureur « Putain, arrête de chialer comme un gosse ! »

– Si tu ne te sens pas bien, ne joue pas les héros. Sors ou assied-toi, bref, fais quelque chose pour éviter d’empirer ton état. Parce que ta femme a autre chose à faire que de s’inquiéter pour toi. Et les sages-femmes aussi !

Bon, j’exagère peut-être les traits, mais dans l’émission, certains comportements de papa m’ont fait doucement marrer, mais la plupart m’ont horripilé.

J’ai accouché trois fois. Les deux premières, Père Charmant était là.
Avec Gremlins, il a commencé par parler. Tout le temps. Au bout d’une heure, je n’en pouvais plus, il me saoulait. Je lui ai demandé de se taire. Qu’il n’avait qu’à s’occuper avec son livre, qu’il n’était pas obligé de faire la conversation tout le temps.
Il ne s’est absenté que le temps d’aller manger un peu. C’était presque parfait.

Avec Schtroumpfette, cet idiot n’a rien trouvé de mieux à faire, quand il s’est absenté pour déjeuner, que de manger un truc pas frais. Je l’ai vu devenir de plus en plus blanc, puis verdâtre. À devoir lui dire de sortir un peu et d’aller s’allonger au frais. À voir la sage-femme s’affairer autour de lui de peur qu’il fasse un malaise.
Cela a duré deux heures. Deux heures où cela m’a agacée de le voir geindre et se faire chouchouter alors que c’était moi qui souffrais depuis la veille au soir, moi qui accouchais !

Pour Titsinge, ce fut presque parfait. Accouchement déclenché, sans péridurale. Père Charmant devait rester avec les grands jusqu’à ce que je l’appelle pour me rejoindre. L’accouchement fut déclenché à 7 h30. À 10 h 45, je l’appelais pour lui demander de déposer les enfants chez ses parents et me rejoindre.
À 11 h 10, j’accouchais. Il est arrivé à 11 h 22. Fail…
Pourtant, j’avoue que j’ai apprécié ces quelques heures seule avec moi-même. J’ai bouquiné, facebooké, passé un peu de temps au téléphone avec une amie et ma mère, tout en testant différents techniques pour gérer la douleur.
Finalement, j’ai juste regretté de ne pouvoir partager certains moments assez drôles (une bourde de la sage-femme par exemple) avec lui, et, surtout, qu’il rate la venue au monde de son fils.

Les papas sont importants ce jour-là. Vraiment. Je pars du principe qu’ils sont le bras droit de la maman.
Je n’ai pas imposé au papa d’être là. Je lui ai même dit que si finalement, le jour J, il ne le sentait pas, je ne lui en voudrais pas de sortir de la salle. Parce que je pars aussi du principe que ça doit être un choix complètement libre et réfléchi du papa.
Mais une fois ce choix fait, il devra l’assumer. Ëtre là sans être lourd. Présent et aimant sans être étouffant.

Tout un art, d’être papa à l’accouchement !

9 réponses à to “Les hommes pendant l’accouchement.”

  • Lol
    Excellent, ça m’a bien fait rire.
    En effet, difficile place que celle de papa… Chéri m’a parle un peu de son état d’esprit d’alors : il me voyait souffrir sans pouvoir faire grand chose pour me soulager. Ça a été terriblement frustrant et stressant pour lui.
    Mais il n’a eu aucun des comportements que tu as listés… Ou alors je ne m’en souviens pas!
    Sachant sa propension à stresser facilement concernant l’accouchement, la première fois j’ai passe toute la nuit à gérer ça seule dans la cuisine, le laissant dormir. Une fois son petit dej avale, j’ai annoncé qu’il était temps de partir! Au moins j’écrirais de le voir blêmir de faim au bout de plusieurs heures. Il est du genre à ne pas sortir… Même pour aller aux WC 😀

  • Cleophis says:

    Le mien a été adorable, toujours présent, toujours à l’écoute, prévenant mais sans en faire trop, aux petits soins. Du coup, ça m’énerve d’entendre les gens dire qu’il a raté le plus beau moment parce qu’il est sorti lors de l’explusion (il préfère ne pas voir tout ça) alors que ça représente 5 minutes sur tout l’accouchement et que je n’ai franchement pas besoin de lui à ce moment-là (je suis un peu focalisée sur autre chose).

    • Mère Débordée says:

      Effectivement, les gens feraient bien de se mêler de leurs fesses. ici, Zhom n’était pas encore sur d’être présent le jour J. Tout le monde le poussait à y aller, en essayant de le faire culpabiliser. Alors que j’arrêtais pas de lui dire que je ne lui en voudrait pas et que c’était à lui de choisir… Pffff

  • chaglam says:

    Exact j’ai vu cette émission Une seule fois, mais j’ai eu le temps de voir un père qui m’a fait bondir: Ecoeuré par l’allaitement, il a tout fait pour dissuader sa femme de donner le sein: chantage affectif, humiliation, déstabilisation quand on proposait à la maman de donner au moins la 1ere tétée… C’était affreux. 🙁 La pauvre n’a pas allaité.

  • Big Papa says:

    Baby-boom n’est (heureusement) pas représentatif du comportement du Papa lambda. Pour avoir regardé quelques fois, c’est à se demander si les couples montrés ne sont pas sciemment sélectionnés en fonction du degré d’égoïsme et d’insensibilité des Papas.
    Puisse l’émission montrer à quel point ces comportements sont inadaptés, sans jeter le discrédit sur l’Homme dans son ensemble.

    • Mère Débordée says:

      Oui, je me suis posé la question de savoir si les couples étaient choisis auparavant et sur quels critères 😉

  • Un article très sympa. Personnellement je voulais m’impliquer et j’espère ne pas avoir été trop ch*** avec ma chérie, mais apparemment ce ne serait pas le cas :).

    Mais il est vrai que cela doit être un choix. De mon côté je ne l’ai pas regretté. Ces moments resteront gravés dans ma mémoire.

    Après pour la blague de trop, disons que l’on tente dans ces moments de détendre l’atmosphère (si c’est possible). Il faut toutefois reconnaître le moment ou l’on doit se taire ^_^.

    merci du partage de ton expérience.

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