Quand une élection se présente, en général, tu vas voter pour le candidat qui t’intéresse le plus par rapport à ce qu’il peut t’apporter à toi.
Si tu n’es pas au chômage, les mesures promises dessus, tu t’en fiche royal.
Pareil pour l’impôt sur la fortune.
Ou encore sur le handicap.

Oui, c’est assez égoïste, mais c’est humain. Tu votes pour celui qui va t’apporter, à toi et ta famille, un meilleur confort de vie, qui te donne de l’espoir.

Au second tour, si t’as un peu de chance, tu votes parce que tu adhères à l’un des candidats. Mais dans la plupart du temps, tu votes contre.

Cette année, c’est la première fois que je m’intéresse réellement à une élection.
Pas parce que c’est les présidentielles, non, mais parce que de part ma vie, je me rends compte de plein de chose que j’ai envie de voir changer.

Et en regardant ce que propose les candidats, j’ai noté qu’il y avait un grand absent de leur campagne : le handicap.

Oh ! Ils en parlent, hein. Faudrait pas non plus négliger les quelques voix que ça peut leur rapporter.
Mais les mesures proposées sont tellement… risibles que ça en devient ridicule.

Finalement, que propose les candidats, du moins ceux qui restent : une revalorisation de l’allocation adulte handicapé.

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Ça fait court, hein ?

Ah si, Le Pen parle aussi de plus d’aide aux MDPH.


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OK….

Ces gens ne savent rien, ne comprennent rien, et proposent des choses qui si elles vont apporter un léger confort pour l’AAH, n’aidera en rien les handicapés !

Sans parler du fait que pour l’instant, je n’ai rien vu concernant… TADA… les enfants handicapés !

Ah si, Macron promet que chaque enfant qui en aura besoin aura son AVS.

Yeah !
Ça paraît tellement super sur le papier, hein !
Parce que c’est bien connu, il y a des tonnes d’AVS au chômage qui attendent ?

Si on se penchait sur ce métier tiens : des gens sans aucune qualification, avec une mini formation de 60h qui survole les différents handicaps, qui travailleront maxi 24h pour un salaire de misère et surtout, jamais en CDI, non. Même pas en CDD, oh, faut pas déconner. Non. On va leur proposer THE GRAAL : le contrat aidé ! Le fameux CAE-CUI qui peut durer au mieux 24 mois.

C’est bien connu, il y a des milliers de personnes qui ne souhaitent qu’un contrat précaire, même pas à temps plein, au salaire minimum, sans perspectives d’avenir et sans formation auprès d’un public bien particulier….

Alors, quand on me promet que chaque enfant aura son AVS, ça me fait doucement rigoler (jaune). Parce que tu vois, moi, quand je lis ça, et aucune mesure concrète sur la formation, la qualification, le salaire ou le type de contrat de ces personnes, je repense à la réforme des rythmes scolaires, et de ces gens qu’on a embauchés à tour de bras pour occuper nos enfants pendant le périscolaire.
Des gens sans aucune formation, même pas le BAFA.
Oui, oui. Comme ils ne trouvaient pas assez de gens pour pallier aux besoins, ils ont fait sauter les deux principales exigences pour être animateur :
Avoir le BAFA d’une part
Et le nombre maximum d’enfant par adulte.

Et donc, on s’est retrouvé avec des gens pas formés, qui s’apparentent à des touristes, et qui ne savent ni correctement gérer un groupe d’enfants, ni gérer un atelier.

Les TAP qui auraient dû permettre que les enfants fassent des ateliers de toutes sortes, culturels ou sportifs, ce sont transformés… en garderie. Et pas toujours de qualité…. Au détriment des enfants

Alors, quand on me dit « Un enfant, une AVS », j’ai peur. Parce que là, on va vers le même soucis, mais puissance 10 000 puisque ça concerne des enfants qui ont des besoins particuliers.

Ce que les politiques oublient, c’est que pendant des années, ils se sont gavés sur le dos du handicap.
AH ! Ça fait joli, dans les campagnes électorales, d’en parler. Ça attendrit, ça fait croire qu’ils sont proches, qu’ils ont leur intérêt à cœur.

Mais dans les faits, en 10 ans, le nombre de structures adaptées aux handicaps ont baissées de façon dramatiques.
Certaines ont été purement et simplement supprimées.
Et du coup, on se retrouve avec des structures pour handicap léger qui doivent gérer des handicaps lourds et n’ont plus de place/budget pour le léger.

Prenons ce que je connais. Les Itep et Sessad.

Le Sessad, c’est censé servir pour les enfants qui n’ont pas de réels problèmes à être scolarisés mais ont un gros besoin de suivi.
L’Itep, lui, sert aux enfants qui ne peuvent pas, ou avec difficulté, être scolarisés en milieu « normal » et qui ont besoin d’un appui plus lourd et d’éventuellement une scolarisation spécifique.

Ma fille, avec son handicap verbal, relève du Sessad. Sauf qu’il aura fallu plus de deux ans pour avoir une place et qu’elle est le « handicap » le plus léger de son Sessad.

Mon fils, avec son trouble du comportement, relève du second. Ben, il y a tellement pas de place qu’on l’a mis dans un Sessad qui a eu miraculeusement de la place pour lui.
Sauf que, comme ce n’est pas suffisant, il a fallu, au cours de l’année, opté pour une déscolarisation partielle.
En gros, 2 demi-journées par semaine, il n’est pas à l’école, ni en structure. Parce qu’il n’arrive pas à rester longtemps en collectivité.
Et donc, où est il ? Et bien, à la maison… Avec moi… Qui ne peut donc rechercher du travail comme je veux pour pouvoir le prendre en charge.
Alors que s’il avait une place en Itep, il pourrait être accueilli dans une classe très allégée (6 élèves environs maxi) avec des personnes formés à ses difficultés. Et moi, je pourrais de bon cœur dire oui aux employeurs qui me proposent une place

Le pire dans tout ça, c’est que malgré une demande faite il y a peu pour un Itep, même si c’est accepté, ce n’est pas sur qu’il trouve une place. Parce que les cas plus lourds, qui devraient être gérés dans des structures plus complètes, passeront avant lui. Faute de structures pouvant accueillir les handicaps plus lourds, puisqu’elles ont été fermées auparavant par l’état….

Où étaient-ils ses candidats quand des mesures de suppressions de structures ou de subventions ont été votés ?
On ne les a pas entendus se battre ou se plaindre du poids que cela ferait porter aux structures plus légères, ni du fait que ce serait au détriment d’autres enfants….

Et puis, on en parle des MDPH ? On va augmenter leurs subventions. CHOUETTE ! Mais pourquoi faire ?
Pour continuer à entretenir les inégalités selon les régions ? Pour continuer à ce que le diabète soit reconnus et aider dans telle région et pas du tout dans telle autre ?
Pourquoi personne n’a jamais cherché à harmoniser tout ça : les démarches, les aides.

Si demain, je change de région, la nouvelle MDPH pourra décider de façon arbitraire que mes enfants ne relèvent plus de leurs services, et que les aides mises en place ne le seront plus.
POINT FINAL.

On en arrive à ce que sur certains forums spécial handicap, les parents s’échangent les infos pour savoir quelle région aura une MDPH favorable au handicap de leur enfant.
Et beaucoup ont fait le choix de démissionner, puis déménager et de vivre des aides sociales tout ça pour être sûrs que leurs enfants seront pris en charge et soigné de façon optimale.

On parle souvent de réfugiés politiques fuyant les persécutions. Ben là, on a des réfugiés du handicap fuyant les MDPH qui refusent que leurs enfants aient un avenir correct. HUMMMM.

Mais on s’en fout, hein. Le handicap, c’est un électorat tellement minime et ridicule que ça ne vaut pas le coup de se prendre la tête à faire de vraies promesses et de faire des vraies réformes pour aider ces personnes….

Alors, bon, vous m’excuserez mais quand vous viendrez me voir pour vendre votre programme, arrêtez de me prendre pour une idiote et de parler des grandes réformes sur le handicap. Parce que ni vous, ni moi ne sommes dupes. Les handicapés seront encore les grands absents de l’histoire

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