La maternelle obligatoire ?

Ces derniers jours, on entends beaucoup parlé de la fameuse loi que veut nous imposer notre Président, à savoir la « scolarisation » obligatoire des 3 – 6 ans.

Sauf que les journaux font souvent des raccourcis, et dans ce cas, le terme scolarisation est une connerie sans nom.

Actuellement, l’INSTRUCTION est obligatoire de 6 à 16 ans. Pas la scolarisation.
On peut décider de ne pas scolariser son enfant et de l’instruire « en famille ».

Macron désire étendre cette obligation aux 3 – 6 ans, dès 2019.

Lever de boucliers, pour plusieurs raisons, et personnellement, je suis archi-contre une « obligation » comme celle-ci.

Déjà, parce que j’ai un peu fouiné pour comprendre ce que recouvrerait cette obligation. Et que du coup, ce serait la fin des aménagements particuliers.
Pour mes aînés, la première année de maternelle, ils n’allaient à l’école que le matin, et faisaient la sieste chez moi.
Là, ce sera impossible car qui dit obligation dit aussi assiduité obligatoire. Et que les familles qui passeraient outre s’exposeraient à un signalement pour absences non-justifiés et tout ce que ça suppose ensuite….

Ensuite, parce que je suis intimement persuadée que la maternelle, telle qu’elle est actuellement, n’est pas la panacée pour nos enfants. En effet, on n’y suit pas le rythme de l’enfant, la confrontation sur des journées bien trop longues à la collectivité les fatiguent, le bruit, la cantine….
Un enfant de 3 ans a besoin de courir, d’explorer, de se trouver. Pas de rester assis et en silence à écouter une leçon.
Heureusement, beaucoup d’enseignants sont bien conscients de cela et font en sorte que nos enfants pâtissent le moins possible de cette maternelle si mal nommée.

Des études ont d’ailleurs prouvées que plus la scolarisation est tardive, moins il y a d’échecs scolaires… Dont act….

Et puis, il y a la loi cachée dans la loi, un amendement qu’on essaye de faire passer discrètement dans la loi régulant l’ouverture des écoles hors contrat : soumettre les ouvertures d’écoles hors contrat et l’instruction en famille à une double autorisation préalable et du maire de la commune, et de l’Inspection Académique.

Actuellement, si on veut instruire soi-même son enfant, une simple déclaration dans les 8 jours au maire et à l’Inspection Académique suffit. C’est la liberté d’enseignement et c’est inscrit et sur la constitution française, qui est le fondement même de la République, et dans le Code de l’éducation.

Aucune autorisation à quémander donc.
Et c’est heureux.

Les familles faisant le choix de l’IEF sont souvent mal vus, car hors du cadre, « rebelles ».
On le voit d’ailleurs aux contrôles illégaux qu’on leur impose et qui nécessitent de plus en plus des rappels à la loi et des contre-rapports des familles envers les inspecteurs et communes pro-écoles.

Avoir besoin d’une autorisation signerait la fin du droit à l’IEF et surtout, serait une loi anticonstitutionnelle, puisque allant contre un principe inscrit dans la constitution !

Les familles IEF voient d’un très mauvais oeil cette loi qui étendrait l’instruction obligatoire aux 3 – 6 ans, car cela les obligeraient à subir 3 ans plus tôt, 3 ans de plus ces contrôles souvent de parti pris.

Pourquoi je vous parle de tout ça ?

Et bien parce que je me pose sérieusement la question de l’IEF pour mon Petit Pépin.

L’école de la République, celle qu’encense Macron et son gouvernement, a tellement abîmée mes enfants que je me refuse à subir et faire subir ça à mon petit dernier.

Entre le harcèlement qu’à connu Gremlins en CE1 avec une école qui n’a eu aucune réaction autre que de lui demander de souffrir en silence, puis l’an passé, en CM1, ce prof qui a eu un geste de violence envers lui sans que personne en trouve rien à redire ;

Entre les années perdues pour Schtroumpfette quand tout le monde me disait que non, elle n’avait aucun souci, alors que je frappais à toutes les portes. Puis les batailles pour qu’elle puisse avoir chaque jour l’AVS qui lui a été accordée, la bataille pour que son suivi se fasse de façon optimal, le tout, sans l’appui de l’école qui ne voulait rien faire.

Entre Tisinge et son TDAH suspecté depuis ses 4 ans sans que personne ne veuille se mouiller, et donc, une lente dégradation de son comportement avec chaque jour, des critiques contre nous, parents, des enseignants. Des enseignants qui n’hésitent pas à lui dire qu’il est « le plus méchant petit garçon qui existe ».
Au point que maintenant, il ne peut plus être scolarisé à temps plein tant il ne supporte plus l’école et la collectivité, et qu’il est question, désormais, de le scolariser en établissement spécialisé….

Oui, on en a bavé. On a vu très peu de bienveillance dans la « magnifique » école de la République.
2 années. Seulement 2 années où on a trouvé des gens à l’écoute et prêts à faire avec nous le nécessaire pour que mes enfants puissent être heureux à l’école.
2 années sur bientôt 10 ans de scolarisation.

Alors lire que « l’école, c’est super pour la sociabilisation, ils vont apprendre plein de choses… », ça me donne juste envie de m’étrangler ou de rire nerveusement.

Et pourtant, je suis restée longtemps une fervente défenseuse de l’école, malgré la maltraitance qu’elle nous a imposée.

Et je ne crois pas être capable de rester diplomate et bienveillante si mon tout petit devait y être malheureux.

6 commentaires sur “La maternelle obligatoire ?”

  1. Bonjour,

    moi je suis absolument pour l’obligation. L’école a été très bénéfique pour mes enfants. Et je ne suis très heureux qu’ils aient pu y aller dès 3 ans (et même moins pour ma fille).
    Après pour vous suivre depuis longtemps, je connais votre histoire et celle de vos enfants et je comprends votre point de vue.

  2. pour connaître quelques enfants élevés avec « l’école à la maison » (pour des raisons médicales), hélas le niveau est vraiment très faible, et le retard par rapport à des enfants scolarisés se sent vraiment.

    Alors, dans ce cas c’est davantage par contrainte que par choix, donc c’est toujours « mieux que rien », mais choisir ça volontairement… ? Pas sûr que ce soit le meilleur pari sur l’avenir…

    1. Pour avoir plusieurs connaissance en IEF, je suis étonnée de votre constat, qui n’est pas du tout le même que le mien.
      J’ai vu des enfants curieux, très en avance sur certains sujets et moins sur d’autres, mais à aucun moment un vrai retard qui, s’il était avéré, serait vu dans les inspections annuelles de l’inspection académique et amèneraient à une rescolarisation obligatoire

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