En danger

En ce moment, le blog est en pause. Je n’y publie quasi plus de billets un peu perso et multiplie les billets de tests et sponsos.

Deux raisons à cela :

  • D’une part, on m’a proposé quasi en même temps plusieurs choses qui m’intéressaient. Du coup, j’ai eu l’occasion de tester pas mal de trucs donc j’ai envie de vous parler. S’y ajoute les billets en retard…
  • D’autre part, cela m’évite de parler et de penser aux soucis que je rencontre actuellement.

En effet, en moins de 3 mois, j’ai pas mal cumulé, et avec la fatigue de la grossesse et de la naissance de PetitPépin, ses débuts difficiles et plusieurs autres petites choses plus ou moins importantes, le temps passe à toute vitesse tant j’ai l’impression d’être englué dans les ennuis.

Mais je crois que le pire, ça a été d’avoir été accusée d’être malveillante avec mes enfants.

J’ai hésité à en parler ici, mais non seulement je ne me sens ni coupable, ni honteuse, mais en plus, j’ai vraiment besoin de raconter ce qu’il s’est passé, histoire que d’autres puissent y trouver un écho, ou me donner des conseils.
Vous le savez, Schtroumpfette et Tisinge sont suivis depuis plusieurs années par des professionnels de santé pour leurs pathologies.

Schtroumpfette pour son trouble du langage a été longtemps suivi en CMP avant d’être en libéral puis, il y a deux ans, en SESSAD.

Tisinge, lui, avait commencé en CMP aussi, vers 3 ans, avant de passer en libéral puis, depuis septembre, dans un autre SESSAD.

En décembre, le Sessad de Tisinge nous apprend qu’ils ont lancé contre nous un signalement pour information préoccupante.
Ce coquin aurait dit à son éducatrice que son père avait cogné la tête de sa sœur dans une porte (ce qui est vrai, mais accidentel) et un midi, sur le chemin de retour de soin, lui a ainsi raconté : « Imagine une maman qui tape ses enfants avec du bois et que la police, elle a tellement peur qu’elle dit « Ouh ! Elle fait peur cette maman, on s’en va vite ».

Voilà, voilà… Aucun avertissement, aucune demande d’explication, aucune recherche auprès des autres professionnels ayant eu Tisinge en charge.
Non, ces personnes ont donc décidés (de façon très prématurée pour moi) de nous signaler auprès de l’A.S.E (Aide Sociale à l’Enfance).

Son père et moi avons été convoqué par l’A.S.E, une convocation que nous aurions pu ignorer mais où nous nous sommes rendus sans problème, dans l’optique de prouver qu’il n’y avait aucun danger et rassurer tout le monde.
Nous avons accepté sans problème un suivi temporaire afin que l’A.S.E puisse se rendre compte que nos enfants n’étaient pas en danger, et personnellement, j’étais même partie dans l’idée qu’ils seraient un nouveau regard sur la situation et peut être permettraient-ils de mettre en lumière des choses que nous pourrions mettre en place pour améliorer les troubles de comportement de Tisinge.

Tout cela, c’était avant de recevoir un coup de fils il y a 15 jours, le lundi, pour apprendre que nos enfants, alors à l’école, avaient été récupérés par les policiers de la Brigade des Mineurs et emmenés au CHU puis au commissariat pour être entendus.

Avant que mon ex et moi soyons convoqués l’après-midi même pour répondre d’une accusation de « Sévices sur mineurs de moins de 15 ans ».

Si l’accusation a été classé sans suite le soir même, tant c’était n’importe quoi et sans fondement, la colère, elle, est bien là.

Colère que le SESSAD n’ai pas cherché à savoir s’il y avait un fondement dans les dires de notre fils. Ils auraient pu appeler les personnes qui s’étaient occupés de Tisinge avant eux, ils avaient leurs coordonnées, et je les avais exhortés à les contacter.
Ils auraient pu nous interroger sur ce qu’ils avaient entendus de notre fils pour voir notre réaction, avoir nos explications.

Non, ses personnes ont décidés de faire intervenir directement les autorités.

Colère contre l’A.S.E qui ne nous a jamais dit que cela pouvait en arriver à une plainte et une intervention policière, alors même que nous étions plus que coopérants.

Colère contre tout ce monde qui, s’ils avaient réfléchis 5 min, auraient pu se poser la question de se demander si des parents qui font suivre leurs enfants depuis des années, exhortent les professionnels et enseignants à prendre contact directement, insistent pour la mise en place de certains suivis, si des parents qui écoutent, sont toujours disponibles, prennent toutes les recommandations en compte au détriment, parfois, de leur travail ou du reste de la fratrie, si ces parents auraient pu être maltraitants sans que jamais personne ne s’en rendent compte.

Et je suis en colère, surtout, qu’on ai imposé à mes enfants cette procédure. Se faire sortir de la classe pour être accueillis dans le bureau de la direction par des policiers. Être emmenés au CHU pour être examinés (par qui, comment, on ne le sait toujours pas) puis au commissariat.

Gremlins, 10 ans depuis peu, a pleuré dans les bras de sa belle-mère tant il a angoissé.

J’ai essayé de dédramatiser la situation en leur disant que « le rôle de la police, c’est aussi parfois de vérifier que les parents font bien leur travail, et cette fois, c’était notre tour d’être vérifié. Ce n’est pas grave et ça peut arriver à n’importe qui ».

Tout ce petit monde qui nous accuse de maltraiter nos enfants n’ont pas proposé, à aucun moment, un soutien psychologique à nos enfants, alors que c’est certainement traumatisant pour des enfants d’être embarqués par la police.
Personne ne s’est inquiété de comment mes enfants ont vécus la chose. Personne ne nous a proposé d’en parler avec eux, ou ne s’est inquiété des répercussions… Alors que c’est quand même leur rôle premier que de veiller à la sécurité et au bien-être autant physique que moral des enfants….

Bref…

Une nouvelle fois, j’ai dû partir au combat. Contre des personnes en qui nous avions placé notre confiance et qui nous ont traités comme des criminels.

Avec le Sessad, déjà. En leur signifiant ma colère et mon incompréhension ainsi que la rupture de confiance entre eux et nous, et le fait qu’un suivi ne peut être optimal dans ces conditions.
Avec l’A.S.E, à qui j’ai signifié ma colère et mon incompréhension devant leur demande d’intervention judiciaire.

Même si l’accusation se révèle sans fondement pour la police et a été classée sans suite, nous restons sous le coup d’une enquête sociale.

Depuis une semaine, je cours partout, me renseigne pour nos droits et pour l’avenir.

En contactant une avocate pour protéger autant nos enfants que nous et nous aider à traverser cette épreuve.

En alertant la MDA (ou MDPH) sur ce qui nous arrive, et pour leur demander de nous aider à trouver un nouvel établissement pour assurer le suivi de notre fils.

Car comme je leur dit, à tous, Tisinge (et les autres enfants) reste ma priorité. Ils ont voulu nous faire mal, mais je ne permettrais pas que cela influe sur mes enfants.

Tisinge a besoin de ce suivi. Il est donc hors de question de le stopper brutalement (ou même doucement en fait). Nous ne pouvons plus travailler dans des bonnes conditions avec ces personnes qui ont fait le choix de ne pas nous connaître et de nous accuser sans fondement.

Néanmoins, Ex comme moi ferons l’effort de n’en rien laisser transparaître devant notre fils qui adore son Sessad, adore avoir ses suivis, ses séances à lui.

C’est compliqué, car nous devons continuer à communiquer avec des personnes qui nous ont montrés un mépris certain, tout ça pour le bien-être de notre fils, pour qu’il n’y ai pas de rupture de suivis.

Heureusement que Ex et moi sommes sur la même longueur d’onde, ainsi que sa chérie.
Heureusement que nous avons pas mal de personnes qui, au courant de notre situation, sont tout autant outrés que nous et nous soutiennent moralement.

On verra ce que donnera l’avenir. En attendant, on tente d’aller de l’avant, en préservant les enfants et en faisant en sorte que les choses changent, certes, mais sans les chambouler. Et ça sera certainement le défi le plus dur.

P.S. : inutile de me dire en commentaire de faire attention que l’A.S.E ou autre ne tombe pas sur ce billet « au cas où ». Le jour de notre rendez-vous, je leur ai moi-même donné l’adresse du blog… 😉

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