Dans notre société, la dépression est encore un tabou.
Peu de gens avoueront en être touchés, ou l’avoir été.
Mais c’est encore pire pour les mères (un peu moins pour les pères)

 

Tout le monde connaît le baby-blues, ou dépression postnatale, cet état qui touche les toutes jeunes mères et que l’on attribue souvent à la chute d’hormones qui suit un accouchement.

Souvent pris à la légère par l’entourage qui ne comprend pas que la jeune mère, qui « a tout pour être heureuse, voyons », puisse
« noircir » ces instants joyeux que sont la naissance et l’arrivée d’un enfant.
Heureusement, les soignants ont été sensibilisés à cet état dépressif et réussiront, dans la majorité des cas, à aider la jeune mère à sortir de sa dépression et de savourer enfin son nouveau rôle.

En revanche, on connaît moins le burn-out maternel. D’ailleurs, quand vous en parlez, les gens vous regardent, sceptiques : « Le burn-out MATERNEL? Cela n’existe pas, le burn-out, c’est pour les gens qui travaillent »

Sauf que ce manque de reconnaissance de cet état entraîne une mauvaise prise en charge avec les inconvénients que cela entraîne pour la personne qui en est touchée.

Ce sujet m’est particulièrement sensible que j’ai été moi-même touchée par le burn-out maternel.

Après la naissance de ma seconde, plusieurs mois après, une immense fatigue s’est emparée de moi. Je n’avais plus envie de rien.
J’ai mis cela sur le compte de la fatigue d’avoir deux enfants, sur la construction et les soucis qui en découlent de notre maison…
Puis je suis tombée enceinte de Titsinge.
Et j’ai pleuré. Pleuré d’être de nouveau mère, pleuré de me sentir enfermer un peu plus dans mon rôle de mère.

J’ai, d’ailleurs, mis du temps à intégrer ma grossesse, j’en ai très peu profité, trop occupée à l’occulter et à essayer de ne pas penser à l’après. Je le regrette encore.

Après la naissance de Titsinge, j’ai petit à petit plongé dans cette dépression que je ne voulais pas voir.
J’étais fatiguée, sans énergie, avec un manque d’envie criant de m’occuper de mes enfants.
Quand j’en parlais (rarement), on me disait « C’est normal, avec trois enfants en bas âge, les problèmes de Schtroumpfette…Puis, un jour, je suis tombée sur un livre : Mère épuisée, de Stéphanie Allenou.
Une vraie révélation. Un livre qui m’a pris aux tripes, qui m’a fait verser des torrents de larmes et dont je suis ressortie lessivée, vidée mais avec l’impression d’enfin comprise.Le burn-out maternel. Ou comment vouloir être ce que l’on pense être le mieux peut se transformer en trop et amener à un épuisement émotionnel, physique et psychique. L’un des passages du livre m’a particulièrement parlé. Stéphanie Allenou y parle de son envie, lors d’une sortie au parc, de partir discrètement en laissant ces enfants-là, sachant qu’entourer de parents, ils ne risquaient rien.
Ce qui l’en empêche, ce n’est pas la culpabilité ou l’amour. C’est la peur d’être ennuyée par la police, les services sociaux. De devoir justifier l’injustifiable.
Son livre a été une vraie thérapie pour moi. Car elle s’en est sortie.Après cette lecture, j’ai enfin pris sur moi d’aller voir mon médecin traitant pour en parler avec lui. Puis de voir un psychiatre.
J’ai intégré un groupe Facebook créé par Stephanie Allenou sur les mères épuisées qui m’a permis de parler, d’être écoutée, comprise et conseillé.

Nous ne naissons pas avec un mode d’emploi pour être parents.
Nous, mères, nous voudrions le meilleur. Être une mère presque parfaite pour nos enfants, une bonne épouse, une bonne salariée, avec une maison bien tenue et le tout, dans des journées de 24 h tout en essayant de rester femme.

C’est impossible. Nous faisons ce que nous pouvons, et c’est bien suffisant. Voilà la leçon que j’essaye de garder à l’esprit.

J’ai mis une fessée à Titsinge? J’ai passé la soirée à hurler après les loulous ? Tant pis, cela ne fait pas de moi une mauvaise mère, passons à autre chose et essayons de ne plus arriver à ce genre de scène.
La maison est un bazar permanent, le linge s’entasse ? Et alors? Je ne suis pas la femme de ménage, les autres, Père Charmant en tête, peuvent aussi bouger leurs fesses. Et si tout n’est pas nickel, tant pis, l’important n’est pas là.J’ai surtout essayé d’intégrer que j’avais le droit d’être égoïste. Le droit de demander et d’avoir des pauses, d’avoir des instants rien que pour moi où je n’ai que moi à écouter.
Le droit de faire des erreurs. Le droit de ne pas être parfaite.
Le droit, surtout, d’arrêter de me faire du mal en voulant plus. En oubliant la très bonne maxime qui dit que « Le mieux est l’ennemi du bien »
Le droit, aussi, de demander de l’aide, de déléguer, et de ne plus porter le poids de mon monde sur mes épaules.La dépression, ou le burn-out, a ceci de compliqué que même vaincue, elle sera toujours à l’affût. C’est un combat de chaque instant que de la tenir à distance.
Et pour mener ce combat à bien, ne pas hésiter à parler. À appeler à l’aide. Encore et encore. Même si les premiers appels restent sans réponses. Quelqu’un finira par vous aider. Ne vous enfermez pas dans la solitude !

Une réponse à to “Dépression et tutti quanti”

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